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La Nouvelle Ecole de Paris à l’honneur au centre d’art de la Matmut

Publié le : 25 Août 2017
Jusqu’au 1er octobre 2017, le Centre d’Art Contemporain de la Matmut (76) présente les chefs-d’œuvre d’artistes, français et étrangers, ayant travaillé à Paris entre les années 1940 et 1970. Désignés comme appartenant à la « Nouvelle Ecole de Paris », ces artistes sont majoritairement des peintres abstraits tels Hans Hartung, Pierre Soulages, Arpad Szenes, Maria Vieira da Silva ou Roger Bissière. Ils ont pour point commun de peindre ce que l’artiste Joseph Sima qualifie de « l’Invisible Vu », la trace d’une réalité toute personnelle. Les œuvres exposées sont issues du fonds d’art moderne du musée des Beaux-Arts de Rouen et montrent combien le Paris d’après-guerre demeura un centre artistique attrayant, dynamique et fécond.

Hans Hartung, 1961-72, 1961, Huile sur toile, 65 x 105 cm 

Il s’agit de rechercher un langage ou un signe plastique retenant à la fois le monde sensoriel comme émotion et le monde spirituel comme révélation finale (...) Alfred Manessier

Si l’année 1941 est souvent donnée pour point de départ de la seconde école de Paris, c’est après la guerre, en 1946, que s’opère la véritable rupture formelle entre les peintres de tradition française et ceux qui entrent pleinement dans le champ de l’abstraction. Après le traumatisme de la guerre, les peintres de l’avant-garde française comme Jean Le Moal, Alfred Manessier, Camille Bryen ou Nicolas de Staël, tentent de se redéfinir. Rassemblés sous la dénomination « Nouvelle Ecole de Paris », cet ensemble d’artistes cherchent de nouvelles bases à un art s’inscrivant dans une refonte totale de la société.

Josef Sima, L’extase ancienne, 1958, Huile sur toile, 162 x 130 cm 

Leur abstraction apparaît comme le fer de lance des nouvelles pratiques en matière picturale, en opposition avec l’abstraction géométrique des années précédentes. Chacun propose sa propre perception du monde, sa propre réalité plastique et poétique. Sans être nécessairement partagées par tous, plusieurs grandes idées se retrouvent cependant chez ces artistes. Ainsi, dans un entretien avec Jean Grenier en 1963, l’artiste Joseph Sima explique que la peinture est pour lui ce qui permet d’avoir une autre expérience de la réalité que celle de nos sens, « d’écouter le voir », de peindre « l’invisible vu ».

Dans les termes de Manessier : (…) Il s’agit de rechercher un langage ou un signe plastique retenant à la fois le monde sensoriel comme émotion et le monde spirituel comme révélation finale ; mettre à nu, par des moyens authentiquement plastiques, les équivalences spirituelles du monde extérieur et d’un monde plus intérieur. (1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vieira Da Silva Maria Elena, La Machine optique, 1937, Huile sur toile, 65 x 54 cm, Collection du Centre Pompidou, Mnam/Cci, Paris 
PIERRE SOULAGES, 63-13, 1962, ENCRE NOIRE, BRUNE ET GOUACHE BLANCHE SUR PAPIER VÉLIN MAROUFLÉ SUR TOILE, 108,5 X 76,3 CM

Cet élan intérieur s’exprime par la couleur et le geste dans les toiles exposées d’Hans Hartung et de Camille Bryen et dans les dessins de Nicolas de Staël. Quant à Pierre Soulages et André Marfaing, leur recherche de pureté de l’écriture prend toute sa dimension dans un travail sur le noir comme capteur de lumière. Autour de l’œuvre Le Printemps naît ce soir de Roger Bissière, doyen du mouvement, celles de Maria-Elena Vieira da Silva, Arpad Szénès, Alfred Manessier, Josef Sima illustrent la persistance d’un rapport à la réalité sensible dans la peinture abstraite de cette époque, au-delà de la simple figuration. Ces artistes inventent une relation à la réalité, et notamment au paysage, d’un autre ordre que celui de la description.

Le parcours de l’exposition se poursuit avec des œuvres de Jean Dubuffet et Raoul Dubac, deux artistes qui dédièrent également leur pratique à l’exploration de différentes formes plastiques, avec pour objectif de questionner le regard sur leur époque. Pour conclure sont abordées les thématiques en marge de cette abstraction, qui coexistent durant l’après-guerre. D’abord la recherche, par Asger Jorn, Corneille et Karel Appel, trois artistes du groupe Cobra, d’une troisième voie entre abstraction et figuration. Enfin, l’abstraction géométrique de Victor Vasarely, père de l’Op Art, qui annonce déjà l’abstraction contemporaine de Véra Molnar et d’Aurélie Nemours.

Aurélie Nemours, Nombre et hasard, 1993, Huile sur toile, 100 x 100 cm

Cette collection d’œuvre de l’abstraction lyrique de l’après-guerre, unique et méconnue du grand public, fut en grande partie constituée dans les années 1960 et 1970 par Olga Popovitch, conservatrice du musée des Beaux-Arts de Rouen. Ces acquisitions, mélanges d’opportunités, de rencontres, d’intuition et de goût personnel, permet ainsi au musée de posséder aujourd’hui une collection très représentative de la Nouvelle Ecole de Paris. A découvrir sans tarder !

1. Extrait de « Enquête sur la peinture, réponse de Manessier », in Esprit, Paris, Juin 1950.

photos © AGENCE LA BELLE VIE/RMM ROUEN NORMANDIE © ADAGP, PARIS 2017

Toutes les informations pratiques pour visiter l'exposition se retrouvent en cliquant ici

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