Aller au contenu. | Aller à la navigation

narthex Art Sacre, Patrimoine, Creation

Des œuvres d’art à sauvegarder

Publié le : 7 Février 2018
Dans la perspective de la réouverture du Trésor, le diocèse de Besançon et l’association des Amis de la cathédrale œuvrent depuis 4 ans à la restauration de son patrimoine grâce au mécénat populaire. A ce jour, 18 œuvres d’art ont été sauvegardées… Focus.

  

 (à G.) école italienne, Adoration des Mages, Italie, XVIIe siècle. H. 212 cm x L. 157,5 cm // (à d.) école italienne, Saint Jérôme, Italie, XVIIe siècle, H. 150 cm x L. 125 cm © Pierre Guenat

En décembre 2017, deux nouveaux tableaux ont rejoint l’accrochage permanent de la cathédrale. Il s’agit d’un saint Jérôme et d’une Adoration des Mages. Ils viennent ainsi compléter les 41 tableaux classés Monuments historiques. Tout ceci n’aurait pu se faire sans le soutien de la DRAC Bourgogne – Franche-Comté. Mais c’est surtout grâce à la mobilisation de dizaines de donateurs que la restauration de ces deux tableaux a pu être financée.

Ces deux chefs-d’œuvres dormaient jusqu’alors dans les greniers de l’ancien Grand Séminaire. C’est le travail mené en 2013 par M. Laclotte du Musée du Louvre et Mme Volle de l’Institut National d’Histoire de l’Art sur la peinture italienne en France en collaboration avec le Père Éric Poinsot qui a mis en lumière la collection. Dès lors de grandes campagnes de mécénat ont été menées pour sensibiliser les amoureux de la cathédrale à ce patrimoine en détresse. C’est d’abord de petits objets qui ont été restaurés comme cette Nativité en albâtre signée Tobias Tissenaken et réalisée à Malines à la fin du XVIe siècle ou encore le Bon larron, un ivoire monoxyle d’Europe du Nord de la fin du XVe siècle*.

Accrochage des nouveaux tableaux dans la cathédrale par le Centre Régional de Restaurations et de Conservation des Œuvres d’Art de Vesoul - Décembre 2017

        

(à g.) Tobias Tissenaken, Nativité, fin du XVIe siècle, Malines, albâtre (H. 23 cm ; L. 20 cm) // Bon larron, fin du XVe siècle, Europe du Nord, ivoire monoxyle (H. 18,3 cm ; L. 3,4 cm)  © PIERRE GUENAT

Grâce au concours de restaurateurs compétents, et notamment Anne Gérard-Bendelé pour la sculpture sur bois et sur pierre, nous avons entrepris la restauration de petite statuaire. Une « poupée malinoise » vers 1510-1530 représentant sainte Catherine, une petite Vierge de Montaigu de la fin du XVe à la coiffure caractéristique et trois statues en bois polychrome : une Madone d’applique du début du XVe siècle, un reliquaire de la ceinture de la Vierge du début du XVIe siècle et un Trône de grâce de la fin du XVIe siècle.

   

Avant et après restauration, Sainte Catherine, Malines, vers 1510-1530, noyer polychrome
(H. 30 cm ; L. 11 cm) © PIERRE GUENAT

La peinture n’est pas en reste, grâce au concours notamment du Centre Régional de Restauration et de Conservation des Œuvres d’Art de Vesoul qui travaille avec l’Atelier Vicat-Blanc à Lyon. Avec eux nous avons procédé à la restauration de plusieurs huiles sur toile : une Vierge à l’enfant avec une sainte de l’école italienne du XVIIe siècle, une Résurrection de Lazare – esquisse de Jean-Baptiste Deshays (1729-1765) pour un tableau aujourd’hui conservé dans la collection Horvitz à Boston – une Vierge à l’enfant avec sainte Anne, le saint Jérôme et l’Adoration des Mages – deux œuvres de l’école italienne du XVIIe siècle qui font débat aujourd'hui dans le monde de l'art quant à leur attribution.

Deux œuvres majeures ont également été restaurées grâce à leurs bons soins : une huile sur bois de l’école de Rubens portant la marque d’Anvers et représentant la Sainte Famille et une huile transposée de bois sur toile de l’école du Nord du XVIe siècle figurant une Crucifixion.

Le diocèse a fait appel à d’autres restaurateurs pour d’autres tableaux. Toutes ces œuvres font maintenant partie du corpus du futur trésor et ne demandent qu’à être présentées à un large public. Nous reviendrons en détail sur les œuvres principales de cette collection dans les prochains articles de ce blog.

 

Avant et après intervention, Crucifixion, Ecole du Nord, XVIe siècle, huile transposée de bois sur toile (H. 122 cm ; L. 95,2 cm) © PIERRE GUENAT

D’autres projets sont en cours, comme la restauration d’un portrait du Pape Benoit XIV de l’école du peintre Subleyras. La Fondation du Patrimoine soutient le diocèse dans cette campagne avec la mise en œuvre d’une souscription publique

Portrait du Pape Benoit XIV, d’après Subleyras (H. 130 cm ; L. 97 cm) - état avant intervention © PIERRE GUENAT

Le diocèse remercie tous ses généreux donateurs qui, chaque année, montrent leur attachement au patrimoine de leur cathédrale, qui fête cette année les 870 ans de sa consécration.

Chloé Monnier

--

* Ce larron devait faire partie d’une représentation plus vaste de la Crucifixion avec au moins le mauvais larron et le Christ et voire peut-être toute la scène du Golgotha.

Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les commentaires sont modérés.

Question: 10 + 4 ?
Your answer:
Chloé Monnier

Titulaire d’un Master 2 en Histoire de l’art, Chloé Monnier est actuellement médiatrice culturelle de la Cathédrale Saint-Jean de Besançon (25) et du Centre diocésain Antoine-Pierre 1er de Grammont. De par ses fonctions, elle a contribué à la rédaction de deux volumes baptisés Cathédrale de Besançon : trésors cachés qui dévoilent aux lecteurs, le riche patrimoine religieux de Besançon et sa région. Ses différentes missions l’amènent à inventorier les collections diocésaines, à lancer des campagnes de mécénat pour la restauration d’œuvres d’art ou encore à participer à l’organisation des événements tels la Nuit des Cathédrales ou les Journées du patrimoine.

Recherchez sur le site

Inscrivez-vous à la newsletter