Une Annonciation de Monique Ariello Laugier

Monique Ariello Laugier, artiste peintre, graveur et sculpteur, a consacré une bonne partie de son œuvre à l’illustration de textes sacrés. Son Annonciation forme le panneau central d’une œuvre combinant peinture et gravure, avec deux prédelles gravées.
Publié le 11 février 2026
Monique Ariello Laugier. Annonciation. Collection privée (avec l’autorisation du collectionneur et de l’auteur).

Monique Ariello Laugier 

Monique Ariello Laugier, artiste confirmée à la fois peintre, graveur, à l’occasion sculpteur et  poète à ses heures, vit et travaille dans un petit village de la vallée de l’Ubaye (Alpes de Haute-Provence). Elle pratique toutes les techniques de l’estampe, par différents procédés et supports : sur bois et linogravure, en relief ; eau-forte et aquatinte, pointe sèche, manière noire, en creux ; techniques mixtes, monotypes, kitchen litho… 

Son œuvre témoigne de son amour de la nature,  mais également de son goût pour la littérature, et en particulier pour la poésie, qu’elle a beaucoup illustrée. Animée d’une foi qui, selon ses propos, a poussé « comme une graine de moutarde », elle affirme avoir  « trouvé la force de cheminer dans ce monde et de la faire partager ». C’est ainsi qu’elle a illustré de nombreuses œuvres religieuses, puisées notamment  dans le trésor de la Bible : la Genèse (42 bois gravés), essentielle à ses yeux pour comprendre la nature humaine ;  le Livre de Jonas et de Tobie, psaumes et cantiques, mais également la Jérusalem céleste, peinte à la manière des manuscrits enluminés du Beatus , réalisée pour le couvent de Saint-Jean de Matha… sans oublier les Mystères joyeux et lumineux de la vie de Jésus et de la Vierge Marie, et en particulier la Visitation, mystère qu’elle affectionne particulièrement. Monique  a illustré également d’autres textes religieux : le traité de vie spirituelle intitulé  L’Échelle sainte ou Échelle du Paradis de  Jean Climaque (VIIe s.), qui propose 30 échelons d’élévation spirituelle  ; Sainte Hildegarde de Bingen ; La Divine comédie de Dante Alighieri ; Ève de Charles Péguy… 

Il est possible de prendre connaissance de toutes ses œuvres sur son site.

L’Annonciation 

Monique a réalisé plusieurs Annonciations. Celle que nous présentons fait partie d’une série appelée « Médiévales », utilisant des prédelles gravées en eau forte et de la peinture, en technique mixte. Sur la prédelle du haut, dans la Lettrine, le Christ dans une mandorle, en gloire, avec un saint ; au-dessous,  des moines et moniales. Dans la seconde prédelle, en dessous, on peut voir des animaux familiers de l’univers médiéval, réels et imaginaires (mosaïque du monastère de Ganagobie, chère à l’artiste).

Le panneau central nous présente la scène de l’Annonciation : l’ange Gabriel et la Vierge Marie, en gros plan, sont inscrits dans un cercle, formé par l’aile de l’ange en haut et la robe de Marie en bas à droite, de couleur bleue. Ce cercle peut symboliser, en conformité avec les représentations divines traditionnelles, non anthropomorphiques, liées à l’interdit de l’image, la présence de Dieu le Père. Les robes de l’ange et de la Vierge sont rouges, et les deux personnages ont les cheveux blonds. Ils forment comme une « rime visuelle», manifestant la ressemblance, et leurs auréoles se touchent en ce moment inouï, où, comme l’écrit Péguy,

« Cette immense et publique race d’Israël ne pouvait donner cette immense et publique et universelle race chrétienne qu’en passant par un certain point de secret mystique, de confidence spirituelle. »

L’index de l’ange, posé à hauteur de sa bouche, nous invite ainsi au secret : la révélation qu’il est chargé de transmettre vient du ciel –comme l’indique son index, également levé vers le ciel. De la main droite, il  désigne la Vierge Marie, choisie pour porter le Sauveur du monde. La Vierge Marie se penche vers lui, les mains croisées sur son cœur, représentation traditionnelle signifiant à la fois l’humilité et le consentement. Les visages sont volontairement non dessinés, pour souligner l’intériorité de cet échange sacré et encourager la méditation. « Et j’y ai fait chanter les couleurs comme dans un chant du Magnificat ou du Gloria », ajoute Monique.

 

Isabelle Rolland

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