
En effet, à l’occasion du Jubilé 2025, un espace d’art contemporain a été inauguré à deux pas de la basilique Saint-Pierre, rue Conciliazione 5. Sans faire preuve de chauvinisme ! on peut remarquer que le principe de cette galerie n’est pas sans rappeler celle initiée par Art Culture et Foi, face à l’Eglise Saint-Séverin à Paris… En effet, comme pour cette dernière, elle se présente comme une vitrine, éclairée la nuit où les œuvres présentées peuvent être vues 24 heures sur 24. L’exposition actuelle, « commissariée »par Christiana Perralla (2), présente une œuvre de Jonathan de Andrade. Conçue comme une pédagogie visuelle qui relie l’art, la spiritualité et l’engagement collectif, celle-ci explore l’esprit communautaire des mouvements latino-américains de soutien aux groupes marginalisés à l’aide des images d’archives rassemblées par Lelio Basso, un militant socialiste anti-fasciste. (3)

cardinal José Tolentino de Mendonça, nommé en 2022 par le pape François préfet du dicastère de la culture et de l’éducation. Tout récemment la revue numérique Finestre sull’Arte a publié un interview particulièrement intéressant de Monseigneur Mandoça dont on en trouvera l’intégralité dans le lien cité fin d’article (4).
Parmi les propos énoncés par Monseigneur Mandoça sur les relations de l’Eglise avec le monde de l’art, on peut citer :
La culture, dans sa spécificité, nous permet de réfléchir de manière approfondie et créative aux différentes expressions de l’humain,
et encore à propos de la « petite galerie » Conciliazione 5 :
Nous devons habiter la ville en semant de petites prophéties culturelles. Cette galerie est un petit geste, mais un geste qui rêve d’inspirer d’autres réalités. Conciliazione 5 est un atelier culturel ouvert à la recherche et à l’expérimentation, sensible aux questions et aux contributions des artistes à la vision sociale.
Son point de vue sur l’art contemporain mérite aussi d’être souligné :
Je dois admettre qu’il y a aujourd’hui un manque de culture contemporaine, même au sein de l’Église. C’est un défi énorme. En tant que goût commun, nous sommes restés coincés dans les imitations du passé et il est difficile de reconnaître la ressource que représente le contemporain.
Mais pour très vite tempérer en disant : « Notre proposition n’est pas de construire une esthétique ni d’imposer un goût ou une ligne. La pratique de l’écoute est déjà une esthétique, une esthétique polyphonique. »
On ne peut donc que recommander de lire cette interview réalisée par Raja El Fani. Les prochaines propositions artistiques de cette « petite galerie » seront faites pas Donatien Grau, actuel conservateur de l’art contemporain au musée du Louvre.
Françoise Paviot



