Il existe en nous des espaces intimes, une sensation de présence à soi que la seule réflexion ne permet pas d’atteindre sauf si parfois une silencieuse effraction divine y pourvoit par la prière solitaire à l’image de celle du pape agenouillé dans la grotte de Massabielle. Ainsi, vous êtes nombreux à percevoir que l’art décrit à Narthex a trouvé sa véritable raison d’être dans ces moments de silence ; dans ces images de piété.
Le Louvre-Lens explore en ce moment, dans une exposition intitulée :
« Trop mignon ! L’art du bonheur », ce concept, où le mental s’apaise progressivement dans une rencontre entre l’art, un certain frisson de la beauté et la vie contemplative. Chaque expérience est certes singulière, mais chacun a pu ressentir lors de la venue du Pape en France, cette soif d’être heureux, cette intensification du souffle de Dieu. Elle a fait émerger aussi ce qui demande à être vu, ressenti ou accueilli dans une valorisation de l’artisanat français et des savoir-faire, dans un croisement entre création artistique, renouveau spirituel et sourire charismatique du pape Léon XIV.
Le tout, sous une tente dressée à Paris, dans une ellipse de lumière à Saint Denis, près de la Vierge Marie à Lourdes ou bien à Metz avec sa cathédrale « lanterne de vitraux ». Et c’est bien la caractéristique sacrée de cette venue : notre quête de l’essentiel passe par cette croix d’or plantée à la juste verticale de l’obélisque de la place de la Concorde. Il y avait un principe rigoureux dans cette composition dans le bleu du ciel et de la tente. Une remarquable force expressive dans l’usage de la couleur filant jusque sur les paramentiques des célébrants. Cette lumière a aussi découpé en un magnifique tableau contemporain, des formes floues autour du halo des pèlerins, sans en interdire la densité inouïe. Certains ont jugé à l’aune de ces fréquentations, le regain de la foi mais ils ne disent pas tout de la qualité de la rencontre entre le pape et ses fidèles. Il nous a touché comme une œuvre d’art peut nous toucher ; Il nous a fait tout simplement regarder notre foi autrement.
Prenons alors le temps avec Narthex d’entrer dans les œuvres narratives de grande richesse plastique et iconographique, de nous remémorer la capacité du pape à dire et à ordonner notre monde avec des mots d’une belle ampleur comme bonheur-fraternité-paix-actes de foi, muni des deux clefs d’argent et d’or du drapeau de forme carrée du Vatican. Ces deux clefs représentent les clefs du Royaume des cieux données par Jésus-Christ à Saint Pierre. L’or représente le pouvoir spirituel, tandis que la clef d’argent représente le pouvoir séculier.
Savez –vous que la confiance est le petit nom de la Foi dans la Bible : on n’accède à Dieu en s’ouvrant aux autres. Des dizaines d’auteurs ont participé à la constitution de Narthex et leurs écrits sont autant de modulations d’un même souffle de Dieu, d’une même voix celle de Jésus-Christ, d’une même adoration de l’Esprit Saint en compagnie des Saints.
Je vous invite à relire des articles en forme d’enquête en trois volets rédigés par Sylvie BETHMONT à l’occasion de l’ouverture de l’exposition sur Zurbaran au Musée du Louvre du 7 octobre au 25 janvier 2027.
Il s’agit volet 1 : Réinventer un chef-d’œuvre, Volet 2 Francisco de Zurbaran et François d’Assise en extase, une rencontre, Volet 3 un chef-d’œuvre réinventé. EN 2017 : « Doux et humble agneau divin par Zurbaran. »
Jeanne Villeneuve,
Rédactrice en chef de la revue Narthex.fr