Après la Seconde Guerre mondiale, le noviciat franciscain de Champfleury, près de Poissy, était devenu trop vétuste et trop petit. Les franciscains décidèrent alors de construire à Orsay un nouveau couvent destiné à la formation théologique de 80 religieux, dans un parc boisé de près de cinq hectares.
Sous la direction du père Pol de Léon, frère Alphonse et frère Ludovic rédigèrent un programme architectural très précis. Le bâtiment devait exprimer l’esprit franciscain par une architecture simple, sobre et fonctionnelle, utilisant des matériaux modernes.
Les architectes Xavier et Luc Arsène-Henry, associés à Emmanuel Besnard-Bernadac, furent choisis en 1953. La première pierre fut posée le 9 janvier 1955. En raison de l’instabilité du sol, l’ensemble repose sur environ 350 pieux de béton.
Le couvent s’organise autour d’un cloître central. Il comprend la chapelle, les salles d’enseignement, le réfectoire, les ateliers, les espaces d’accueil et le scolasticat, où se trouvent les chambres et la bibliothèque. L’orientation des bâtiments favorise l’ensoleillement des cellules, tandis que l’église, légèrement plus haute, affirme sa place centrale.
La Clarté-Dieu est l’un des premiers édifices français utilisant le béton de ciment blanc comme véritable matériau de structure. Les traces laissées par les planches de coffrage animent les façades par des jeux d’ombre et de lumière. La qualité exceptionnelle de la construction explique la très bonne conservation du béton. (Photos 1, 2 et 3)



L’intérieur conserve le même esprit de simplicité : murs clairs, plafonds en béton brut, sols en grès et mobilier fonctionnel. La chapelle se distingue par sa charpente apparente, ses grandes verrières (photo 4) réalisées par Henri Déchanet et Paul Virilio d’après Serge Rezvani. Peintre, écrivain, auteur, compositeur, artiste en vogue à l’époque de la construction du couvent. Autre artiste présent Costa Coulentianos, sculpteur grec qui créa la croix au-dessus de l’entrée principale, la veilleuse et le tabernacle (photos 5), et Jean-Claude Vignes, peintre et graveur, créateur du lavabo . (photo 6).



Achevé et inauguré le 4 juillet 1956, puis consacré le 30 septembre, le couvent fut rapidement remarqué en France et à l’étranger. Il fut notamment présenté à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958.
Après 1968, la diminution des vocations conduisit à sa transformation progressive en centre d’accueil et de formation. Malgré plusieurs aménagements et la réduction du parc lors de la construction de l’autoroute A10, l’ensemble demeure remarquablement préservé.
En 2021, La Clarté-Dieu a enrichi son patrimoine avec 28 reproductions des fresques de la basilique supérieur d’Assise peinte par Giotto illustrant la vie de saint François d’Assise (Photos 7). Des visites guidées par des bénévoles sont organisées, de nombreuses fois par an. Il est possible de demander une visite guidée pour un groupe ou de visiter seul ces fresques en s’adressant à l’accueil.

En 2024 le ministère de la Culture attribua le label « Architecture remarquable » à l’édifice.
Jean-Marie Louvat













