Ce n’est pas d’abord une perte de foi. C’est une perte de vocabulaire, et les deux ne se confondent pas. On peut être incroyant et lire un vitrail ; on ne le peut pas si l’on ignore ce qu’est un arbre de Jessé, ou pourquoi l’évangéliste Jean s’accompagne d’un aigle. Le patrimoine religieux n’est pas illisible : il est devenu muet, faute de clés.
Or ces clés sont simples. Une dizaine de mots suffit souvent à rouvrir une église entière. Savoir que le chevet regarde l’orient, que le Christ en gloire siège dans une mandorle, que les couleurs liturgiques scandent l’année, et le visiteur cesse de subir le décor : il le comprend. Le sens ne se devine pas, il se transmet.
C’est cette conviction qui nous a conduits, à France Éternelle, à bâtir un lexique de cent termes de l’art sacré et de la liturgie, pensé non pour l’érudit mais pour celui qui n’a jamais appris. Chaque mot y est défini simplement, situé dans l’édifice, relié à ce qu’il donne à voir. Non pour remplacer le guide ni le prêtre, mais pour rendre au visiteur l’autonomie du regard.
La médiation du patrimoine religieux, à laquelle Narthex travaille depuis des années, commence peut-être là : non par un long discours, mais par un mot rendu. Car redonner le vocabulaire, c’est redonner l’accès ; et rendre l’accès, c’est déjà transmettre.
Nicolas Garzotto,
France Éternelle
