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La chasuble: de Mgr Rodolfi aux ateliers européens - Koinè 2015

Publié le : 11 Mai 2015
À l'occasion de Koinè 2015, 50 ans après la clôture du Concile Vatican II, les initiatives au sein de Koinè Recherche, ont été présentées à un public plus vaste par le biais de l'exposition “La chasuble: de l’expériences de Mgr Rodolfi aux ateliers européens” qui a eu lieu au Musée Diocésain de Vicenza du 11 au 26 avril 2015. Le somptueux siège du Musée était le lieu idéal pour accueillir un parcours historique mettant en relief l'évolution dans le temps des vêtements liturgiques entre foi et art. Depuis la riche collection de “boites à violon” jusqu’aux chasubles actuelles, en passant par la forme ample de la chasuble du siècle dernier.

Photo de l'installation au Musée Diocesain de Vicenza - Koinè 2015

Pour cette exposition ont été sélectionnées 27 chasubles ayant un langage innovant, réalisées par des artistes du textile de toute l'Europe. Ils ont réinterprété le thème du vêtement liturgique avec des techniques et des codes linguistiques dérivant du monde de l'art et qui respectent scrupuleusement la liturgie. Dans le parcours du musée, une présentation historique permettait de mesurer l'importance de la personnalité de Mgr Ferdinando Rodolfi, évêque de Vicenza de 1911 à 1943. Celui-ci avait anticipé en Italie le retour à la noble simplicité adoptée par le Concile Vatican II.

Portrait de l’évêque Ferdinando Rodolfi réalisé en 1935 par Ubaldo Oppi, dans la vitrine, à droite, la chasuble portée pour le portrait - Koinè 2015

En 1923, l’évêque débutait son engagement pour le renouvellement des vêtements sacrés: cette même année, en effet, il rappelait dans le “Bulletin Ecclésiastique” les mesures minimales que les chasubles devaient avoir et rappelait qu'elles devaient être confectionnées avec des matériaux de qualité, comme la soie. L’évêque avait d’ailleurs donné l'exemple en faisant confectionner en 1925 une très belle série de vêtements de différentes couleurs liturgiques, « qui rappelaient les usages du passé, quand l’art était l'ornement incontournable de la religion et que l'esthétique n'avait pas livré à l'industrialisation ses meilleurs éléments ». La “boite à violon” était ainsi remplacée par la chasuble qui se rapprochait, dans la forme, à celle de l'ancienne cape romaine. L’évêque en précisait les mesures car la cape devait être grande. Les nouvelles chasubles étaient tissées avec la soie filée de cocons doubles, très résistante.

Photo de l'installation au Musée Diocesain de Vicenza - Koinè 2015

Les chasubles contemporaines, créées par les artistes de différents ateliers internationaux et exposées tout au long des salles du Musée, ont offert d’intéressants exemples des possibilités issues de la sensibilité contemporaine en dialogue avec la liturgie. Elles ont également stimulé la réflexion sur le projet des vêtements liturgiques. En effet, comme affirmé par Mgr. Guido Genero, membre du Comité Scientifique de Koinè Recherche, « dessiner, coudre, porter la chasuble induit une conscience théologique et anthropologique, mais donne aussi un avertissement nouveau de type ecclésiastique et de célébration ».

Il ajoute « même la décoration de la chasuble exige une réflexion: tout d'abord il s'agit d'un vêtement et non d'un espace à décorer et encore moins à remplir pour raconter quelque chose. Il peut être des éléments de richesse décorative, même la simple coupe de la veste ou l'étoffe.  La sensibilité actuelle suggère même d'élargir la recherche vers des nouveaux matériaux et tissus, d’utiliser le dessin abstrait inspiré des courants d'art contemporain, d’unir dignité et qualité dans les propositions ».

Photo de l'installation au Musée Diocesain de Vicenza - Koinè 2015

Ce parcours d’exposition a permis une comparaison diachronique sur les formes, les tissus, les décors qui au long des siècles ont rendu les vêtements liturgiques plus précieux. Il démontre qu’aujourd'hui encore, tout en respectant la forme essentielle ample à cape et un registre d'expression équilibré, il est possible d'atteindre des résultats esthétiques originaux en accord avec la liturgie actuelle.

Koinè Recherche 2015.

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