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Ouvrage : Le Chemin de Croix par Joseph Collin et Guillaume Gillet - publié par l'Institut Liturgique d’Allemagne (Trèves)

Date de publication : 21/10/2011

Brochure publiée, avec les encouragements du Service National de Pastorale Liturgique et Sacramentelle, Paris, par Deutsches Liturgisches Institut, Trèves (Allemagne). Les textes sont de Joseph Collin (avant 1943), les images de Guillaume Gillet (1944), deux officiers Français qui furent internés pendant la Deuxième Guerre Mondiale, entre 1940 et 1945, à Soest (Allemagne), comme prisonniers de guerre

« Pendant ces années les prisonniers organisèrent une vie religieuse active dont le centre fut la Chapelle Française, petite mansarde sous le toit d’un des bâtiments du camp, qu’ils décorèrent de peintures murales impressionnantes.
 

« La vie culturelle intensive qui se développa pendant la captivité dans ce camp fut l’objet d’un très grand nombre de livres. Entre autres se trouve une publication imprimée à Paris en 1943. Elle nous fait prendre part, aujourd’hui encore, à la vie religieuse des officiers français. «Une paroisse derrière les barbelés » est le titre de cette oeuvre, dont le cardinal Emmanuel Suhard, archevêque de Paris, écrivit la préface qui devait apporter l’espérance, donner des forces et encourager la foi des prisonniers.
 

En plus de textes sur les fêtes religieuses et les jours commémoratifs de l’année, le livre contient quatorze stations de chemin de croix. La lecture de ces textes permet de reconnaître la détresse des prisonniers et leur humiliation. La souffrance de ces sans-patrie touchés par la guerre venait surtout de l’absence de liberté.
 

Le manque de correspondance entre les textes et les images résulte de leur différence d’origine. Le lieutenant- colonel Collin écrivit ses textes avant l’année 1943 alors que ce n’est qu’en 1944 que le lieutenant Gillet créa son cycle sur le chemin de croix. Il composa des images sur les thèmes de la «flagellation» et de la «résurrection» qui n’ont pas leur pendant par écrit. D’autre part, se trouvent des textes sur les stations «J ésus tombe pour la troisième fois » et « Jésus meurt sur la Croix » alors qu’il n’y a pas d’image correspondante.
 

Malgré ces différences, on peut constater une symbiose des deux œuvres toutes les deux soulignent de leur force d’expression le mystère de la Passion du Christ. «Jésus- Christ, nous avons pitié de vous» est le témoignage central des textes de prières et la même intention se retrouve dans les images impressionnantes. »
 

Barbara Köster / extrait de la Préface

 


Jésus tombe une première fois


L’homme parfait, le Christ, suprême merveille de l’humanité, n’a pas voulu être un surhomme, car nous n’aurions pas pu mettre nos pas dans la trace sanglante de ses pas. Il n’a pas voulu les secours des anges préposés à lui épargner la pierre du chemin, Il a été surpris par le poids de cette croix et a rencontré en chancelant une pierre sous son pied nu... Les Juifs ont ricané, les enfants ont ri, les femmes ont souri du faiseur de miracles, tombé sur les genoux.
 

Nous ne sourirons pas des chutes du Christ, ni de la chute des christs nos frères; et plutôt nous leur tendrons une main secourable.
 

Ô Christ tombé, volontairement faible et chancelant, nous avons pitié de vous.
Et, par amour pour Vous, nous éviterons d’être jamais des impitoyables.

 

 


Véronique essuie la face de Jésus


L’Évangile ne l’a pas dit, mais la tradition populaire a livré aux siècles la profonde émotion du geste ingénieux. La faiblesse elle-même peut devenir secourable, si elle est attentive et se fie aux inspirations de son cœur. Oser... oser secourir l’homme rejeté par la foule... S’approcher avec compassion du condamné sur le chemin de son supplice... Salir ses mains des crachats collés à ce pauvre visage... Risquer de déchirer son voile aux épines de la couronne... S’exposer aux plaisanteries faciles et obscènes. Je recevrais bien ce pauvre à ma table, mais le monde rirait; je relèverais bien cette femme en haillons, mais derrière les volets, j’entendrais chuchoter.
Encouragés par cette humble femme, Seigneur, nous aurons pitié de vous.

 


Jésus mis au Sépulcre


Au crépuscule, le petit cortège s’est formé. Quelques disciples se sont approchés, encouragés par le jeune courage de Joseph d’Arimathie... Les saintes femmes, humbles fidèles, se sont groupées autour de Marie.., Il faut donc porter au tombeau la dépouille mortelle du Fils de Dieu... Déjà s’approchent, indifférents sinon hostiles, les employés porteurs des scellés à mettre sur la pierre, et les gardes préposés à la première nuit de veille... On fait vite... Un enduit de myrrhe et d’aloès sur un grand suaire... Pour le reste, on reviendra le lendemain du grand sabbat... Marie s’arrache au corps sacré de son fils.., et descend, Mère douloureuse, en essuyant de sa très douce main les larmes du disciple bien-aimé.
 

Crucifixo condolere: avoir de la compassion pour le crucifié...
 

L’avoir jusqu’au bout de la vie... Mère des Sept Douleurs, conservez à nos cœurs une efficace pitié pour notre Sauveur et pour vous.

 

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