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narthex Art Sacre, Patrimoine, Creation

La nouvelle église Saint-Vincent-de-Paul à Rezé

Publié le : 2 Juin 2015
« Quel est le sens d’une église ? Que rappelle-t-elle ? Elle rappelle à tous dans notre foi, que Dieu n’est pas dans les nuages, mais parmi nous. La forme de l’église le rappelle : il a planté sa tente parmi nous … Quelle joie d’accueillir des gens dans une église nouvelle… En voulant cette église, vous, les paroissiens, vous avez fait un Acte de Foi ». C’est ainsi que Mgr Jean-Paul James s’exprime dans son homélie du dimanche 22 mars 2015, lors de la messe de consécration d’une nouvelle église de l’agglomération nantaise : Saint-Vincent-de-Paul à Rezé.

Vue extérieure de l'église Saint-Vincent-de-Paul, © Mijo Simon-Bouttier

La construction d’une église, rare de nos jours, est un acte important pour une communauté chrétienne. Dans le diocèse de Nantes, cet évènement ne s’était pas produit depuis l’an 2000 (églises Saint-Bernard et Saint-Thomas). Ce nouvel édifice a été construit, à la demande des paroissiens, à l’endroit même de l’église provisoire qui avait été installée en 1950 dans un ancien hangar à brouettes. En effet, le besoin et le désir d’une église fonctionnelle, répondant à la liturgie d’aujourd’hui, a cheminé dans l’esprit des paroissiens. En février 2010, Mg James donne son aval à cette construction et la première pierre est posée en décembre 2013.

Cette nouvelle église est l’œuvre de l’architecte Bertrand Aubry, qui a travaillé en étroite collaboration avec le père François Renaud, vicaire épiscopal, le père Bernard Ollivier, curé de la paroisse, Monsieur Yannick Gouy, maître d’ouvrage diocésain, un groupe de paroissiens, membres du comité de pilotage et la CDAS, sans oublier les nombreux artisans des différents corps de métier qui ont permis cette réalisation. Cette œuvre comprend, en symbiose architecturale, un sanctuaire pouvant accueillir 400 à 500 personnes ; il est précédé d’un large narthex-entrée et d’un oratoire, auquel est accolée une maison paroissiale comprenant sur deux niveaux, une salle, lieu de convivialité, des bureaux, des salles de réunion et de catéchèse.

VUE Intérieure DE L'ÉGLISE SAINT-VINCENT-DE-PAUL, © MIJO SIMON-BOUTTIER

A l’extérieur de l’édifice, le lieu est marqué par une grande croix en bois, plantée dans le sol, tel un calvaire, démarquant ainsi le profane du sacré, la rue du parvis. Construite dans le respect de l’environnement immédiat, dépourvue de signe ostentatoire, le choix s’est porté sur des matériaux simples, tels le béton, le bois et le zinc ; les couleurs claires de la structure conjuguées à celle du parvis, attirent d’emblée le regard qui tout naturellement est dirigé vers le ciel et cela est accentué par la verticalité du pignon. En approchant, nous remarquons que les plaques de béton  de la façade ne sont pas vraiment lisses ; en effet, des phrases tirées de la Bible et des écrits de Saint Vincent de Paul lui-même, y sont inscrits en creux (prouesse technique), de façon verticale et se lisent de bas en haut, toujours dans un souci d’élévation.

A gauche, baptistère DE L'ÉGLISE SAINT-VINCENT-DE-PAUL, © MIJO SIMON-BOUTTIER

Le narthex s’ouvre sur un large vaisseau à l’architecture résolument contemporaine, d’une blancheur immaculée, aux lignes épurées qui conduit immédiatement le regard vers le centre crucial de l’édifice : le chœur, lieu de la parole et de l’eucharistie. La structure porteuse est invisible ; en effet, à l’intérieur, ni pilier ni mur n’entrave la vision et tout semble suspendu par magie ; la nef centrale s’élève jusqu’à la toiture, à 17 m de hauteur et les collatéraux sont marqués par des plafonds plus bas, assemblage de fines lattes de bois peintes en blanc, produisant un effet de drapé. Le vaisseau est très large, dilaté, si bien que les murs semblent accueillir et envelopper l’assemblée. Notons que toute la technicité est cachée : le chauffage se trouve sous les dalles de granite ; l’éclairage incorporé entre les lattes de bois semble provenir de la lumière du jour.

Vue du plafond DE L'ÉGLISE SAINT-VINCENT-DE-PAUL, © MIJO SIMON-BOUTTIER

Concernant le mobilier liturgique, la décision a été prise par les paroissiens, de conserver l’autel et les bancs de bois de l’ancienne église, ainsi qu’une icône représentant la Vierge et l’Enfant ; de même, le vitrail  très coloré inscrit dans la pente de la toiture, à gauche du chœur qu’il éclaire, est également récupéré de l’ancienne église mais recomposé dans une forme allongée et étroite. L’ambon, le siège du célébrant ainsi que les tabourets sont  résolument modernes, en bois clair ; derrière l’autel, la croix de chœur est plaquée majestueusement sur le mur de l’abside plate ; visible dès l’entrée, elle est dans le même bois que le mobilier, soulignée par deux lames de laiton symbolisant le Christ ressuscité. A gauche près de l’espace liturgique, la cuve baptismale, également contemporaine, est réalisée dans un matériau composite très résistant ; elle est placée sous un puits de jour dont la forme lui correspond, réunissant ainsi la symbolique de l’eau et de la lumière venue d’« en haut ». Un marquage au sol, dans le même matériau, souligne le lieu du baptême. De larges baies vitrées qui scandent l’approche de ce lieu, permettent de voir à l’extérieur quelques arbustes évocateurs à la fois du jardin de la Création et du jardin de la Résurrection.

Croix du coeur DE L'ÉGLISE SAINT-VINCENT-DE-PAUL, © MIJO SIMON-BOUTTIER

En sortant de l’église, sur la gauche, et directement accessible du parvis, se trouve l’oratoire faisant office de chapelle de prière et de lieu de réconciliation ; cette pièce est également éclairée par un vitrail provenant de l’ancien édifice.

En espérant que cette église neuve contribuera à rassembler au mieux les fidèles et incitera peut-être même des non fidèles à  entrer dans ce lieu si pur et si paisible, laissons la conclusion à l’architecte qui disait lors de la présentation in situ : « J’ai voulu amener du sens, de la valeur et une symbolique dans cette église ».

Mijo Simon-Bouttier, Commission Diocésaine d'Art Sacré, Nantes.

PASQUA JOSÉ
PASQUA JOSÉ a écrit :
02/06/2015 16:32

Pourquoi veut-on que nos églises ressemble à des hangars, de beaux hangars certes, mais des hangars. La consécration du vide. J'espère que la liturgie n'en est pas la triste copie. Où se trouve le sens du sacré? Le crucifié a disparu! Où se trouve le chemin de croix? Lorsqu'aujourdhui la majeur partie des catholiques ne connaissent rien aux écritures saintes, où se trouvent la cathéchèse? A-t-on voulu faire un temple? alors c'est réussi!. Je ne mets absolument pas en doute la valeur de l'architecte car il a fait une belle œuvre, mais il a été mal conseillé, ce n'est pas un édifice pour le peuple mais des intellectuels qui mettent avant tout l'émotion par les formes et non par la compréhension du message du Christ! Où se trouve le tabernacle, présence réelle du Christ? n'est-ce pas le point, le lieu le plus sacré de l'édifice lorsque l'on vient prier? A-t-on eu peur de mettre la croix au sommet de l'édifice? Posons-nous la question, l'église est-elle encore un lieu sacré? En voyant cela je doutes! excusez mes interrogations, mais je crains que vous vous éloignez du peuple de Dieu!

Caroline Becker
Caroline Becker a écrit :
11/06/2015 17:08

Bonjour, Le vide n'est pas si vide que peut-être les photos le montrent : le vitrail qui fait vibrer les couleurs sur le mur de l'abside, l'icône de la vierge à l'enfant, les jardins que l'on peut voir à travers les vitres de l'édifice. Le crucifié est représenté par un filet de laiton doré que l'on ne distingue peut-être pas bien sur la photo, figurant le Christ glorifié.
Le chemin de croix qui s'est développé à partir du XIXème siècle est objet de dévotion mais pas dans la célébration officielle de l'Eglise ; il n'est donc pas obligatoire mais pourrait être ajouté ultérieurement.
La réserve eucharistique ne se trouve pas dans l'église elle-même, celle-ci étant fermée en-dehors des heures de messe, mais dans l'oratoire qui est ouvert tous les jours.
La croix, quant à elle, n'aurait pas été visible sur le pignon de l'église qui est située au bord d'un axe routier passager, entre des immeubles qui la masquent ; alors que posée en limite du trottoir cette croix interpelle. Espérant avoir répondu à vos questions, je pense que la meilleure façon de juger cet édifice est que vous veniez le visiter. Mijo Simon-Bouttier.

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