Aller au contenu. | Aller à la navigation

narthex Art Sacre, Patrimoine, Creation

Des vitraux contemporains pour la cathédrale de Nevers (Bourgogne)

Publié le : 21 Octobre 2011
Le 29 avril 2011 dans l'après-midi, une cérémonie d'inauguration a eu lieu dans la cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers en présence de Monseigneur Francis Deniau, évêque de Nevers et de Madame Anne Boquet, préfète de la région de Bourgogne, préfète de Côte-d'Or, qui inaugurera la commande publique des vitraux.
Les vitraux contemporains : Un livre de lumière

À part quelques débris de vitres losangées retrouvées sous les décombres de la cathédrale, les verrières n’étaient, pour la plupart, que de simples vitrages blancs posés sous l’instigation des chanoines, au XIXe siècle, pour une plus grande clarté.

Le bombardement de 1944 a provoqué la destruction de la quasi totalité des vitraux de la cathédrale. Après la reconstruction du bâtiment de pierre, l’État a engagé un programme de réalisation de nouvelles fenêtres avec le concours d’artistes contemporains.

1973 : Raoul Ubac est contacté pour réaliser les fenêtres du chœur roman. Ces vitraux seront réalisés de 1978 à 1983.

Vitraux de Raoul Ubac

1987-1988 : sous la direction de Dominique Bozo, une équipe d’artistes est constituée : Claude Viallat, François Rouan, Gottfried Honneger, Jean-Michel Alberola et Markus Lupertz.

Les artistes qui ont travaillé dans la cathédrale se rattachent tous, plus ou moins, au courant non-figuratif qui s’est développé dans les années 50. Dans cette conception de l’art, seule l’abstraction pouvait transcender le désastre de la guerre et la condition de l’homme.

Les deux croisillons nord et sud du transept roman nous plongent dans le livre de l’Apocalypse :
Au nord, les fenêtres nous parlent du chaos du monde, des destructions, des persécutions, du poids de la vie de l’homme, du péché (Ap 12-13).

En face, au sud, s’affiche la promesse : autour du Fils de l’homme, les vieillards et les anges louent Dieu ; l’ouverture du septième sceau annonce le triomphe des élus – 144 000, c’est à dire 12 fois 12 000 : une plénitude de plénitude (Ap 7-8).

Beaucoup d’espaces ont été volontairement laissés blanc, particulièrement dans le transept sud où est figurée la réalisation de la Promesse. Les espaces blancs sont toujours le signe de la présence de Dieu ; cette non-figuration évoque son immatérialité, son mystère : volonté d’Alberola « de laisser à l’imagination, au cœur et à l’esprit, la liberté d’aller au-delà de ce que l’on voit ».

Tout au long du déambulatoire Alberola développe un programme iconographique qui met en scène plusieurs épisodes de l’histoire du salut.

Des scènes de la première alliance qui préfigurent l’incarnation (la création du monde, le sacrifice d’Abraham, Moïse et le buisson ardent, passage de la mer rouge...) ; Les mystères de la vie de Marie (Annonciation, Visitation, Nativité, Présentation au Temple, Marie au pied de la croix, Descente de croix, Couronnement) ;

Jean-Michel Alberola et les ateliers duchemin

Des témoins de la Parole, évangélistes et saints titulaires de la cathédrale (Gervais et Protais, Cyr et Julitte) ; La Pentecôte, la construction de l’Église que le peuple de Dieu, créateur avec Dieu, ne cesse d’édifier....

Chaque vitrail mérite une attention particulière : s’arrêter, recevoir son message, contempler, méditer...

Le croyant peut cheminer dans la foi, porté par ce livre d’images figuratives ou abstraites. Tous les hommes peuvent se laisser toucher par la vie nouvelle que la lumière apporte à cette église grâce au jeu des vitraux.

Texte de présentation des vitraux de l'association "Regards sur la cathédrale de Nevers"

Plan d'implantation des vitraux contemporains 
Des vitraux pour recevoir la lumière du Christ

« […] Il fallait de l'audace pour habiller de couleurs et de lumières, dans une expression résolument contemporaine, l'architecture romane et le vaisseau gothique... Le vitrail d'Albérola dans la chapelle axiale représente le couronnement de la Vierge. Il rassemble et unifie toute la cathédrale. La chaleur des couleurs renvoie aux vitraux de Viallat dans le chœur. Marie, dans l'aboutissement de son itinéraire, anticipe déjà la vocation de l'Église et de l'humanité ; elle renvoie à la fois au Christ enseignant de la fresque romane, à l'ensemble des vitraux et à l'assemblée présente dans la nef.

Viallat joue avec la richesse des couleurs. Honegger nous entraîne par un rythme subtil et, de la nef, nous convie vers le chœur où sont célébrés les mystères du Christ. Rouan souligne l'unicité de chaque fenêtre des bas-côtés, sa couleur propre, sa manière d'effacer et de reconstruire l'architecture de pierre. Dans le chœur, il met en lien avec bonheur l'œuvre de Viallat et celle de Honegger. Discrètement, dans le chœur roman, Ubac respecte la fresque romane tout en nous donnant d'habiter la cathédrale.

Vitraux de Claude Viallat

Jean-Michel Albérola, figuratif dans la manière de l'art contemporain, nous fait entrer dans la perspective biblique, dans le mystère du Christ. Cinq époques successives dans son art. Les images de l'Apocalypse dans le transept roman ; les mystères du Christ et les quatre évangélistes dans les trois chapelles rayonnantes ; création du monde, construction de l'Église , Adam et Ève puis le sacrifice d'Abraham présentent une troisième approche... et enfin les vitraux baptismaux. Un travail fait de citations d'artistes anciens, mais profondément explorés et remaniés dans une approche contemporaine et singulière.

Merci aux artistes et aux maîtres-verriers. L'inauguration officielle aura lieu le vendredi 29 avril à 18 heures. Dans la lumière du temps de Pâques, nous saluerons ce cadeau que nous fait l'art contemporain en nous menant plus avant dans la lumière du Christ, dans son humanité et dans sa victoire sur la mort. Je vous invite tous à ce moment fort, préparé en coopération avec la Direction Régionale des Affaires Culturelles et la Municipalité de Nevers. »

Monseigneur Francis Deniau, évêque pour la Nièvre 

L'ouvrage "L'affaire des 1 052 m², les vitraux de la cathédrale de Nevers", sous la direction de Jean de Loisy et publié par Xavier Douroux, éditeur des Presses du réel sera lancé à cette occasion.

Renseignements : 

Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne

Service communication
DRAC de Bourgogne
BP 10578 – 21005 Dijon Cedex
Standard : 03 80 68 50 50
www.bourgogne.culture.gouv.fr

Goestchel
Goestchel a écrit :
18/07/2016 15:10

Ce n'est pas un commentaire, c'est une question: POURQUOI la totalité des photographies des nouveaux vitraux de cette cathédrale font-elles paraître les couleurs plus douces -ou moins violentes, selon les point-de-vues, (que ce soit dans les livres d'art, ou sur internet...) qu'elles ne sont en réalités (allez voir sur place, c'est flagrant, surtout en ce qui concerne les vitraux du déambulatoire!)

Géraldine de Spéville
Géraldine de Spéville a écrit :
18/07/2016 15:23

Peut-être parce qu'il est très difficile de photographier des vitraux en retranscrivant avec fidélité la subtilité des jeux de lumière et couleurs... En effet, les couleurs sont très vives, rien de tel qu'une visite sur place pour s'en prendre plein la vue!

goestchel
goestchel a écrit :
26/09/2016 11:40

Si subtilité il y a, elle est mieux rendue par la photographie que par la réalité... c'est paradoxal! En tout cas sur place on en prend VRAIMENT plein la vue!!

PS j'ai eu l'occasion de découvrir à Levier (Doubs) la vitrerie du choeur de l'église crée par Elvire Jan en 1946, allez voir, en matière de subtilitéc'est carrément autre chose

Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les commentaires sont modérés.

Question: 10 - 5 ?
Your answer:
Recherchez sur le site
Inscrivez-vous à la newsletter