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narthex Art Sacre, Patrimoine, Creation

La tenture de l'Apocalypse de Louis d'Anjou : un trésor médiéval exceptionnel !

Publié le : 5 Janvier 2016
Présentée depuis 1954 au château d’Angers, la tenture de l’Apocalypse est le plus vaste ensemble médiéval de tapisseries crée et conservé en Occident. Un ouvrage édité par le Centre des monuments nationaux la remet à l’honneur. Présentation !

Couverture du Livre © Editions du Patrimoine/Centre des monuments nationaux

Commandée par le duc Louis Ier d’Anjou, frère de Charles V, à la fin du XIVe siècle, la tenture de l’Apocalypse est une réalisation monumentale exceptionnelle de l’art lissier, tant par ses dimensions et son histoire que par son sens et sa symbolique. Il a fallu plus de neuf ans pour la réaliser ! Réparties aujourd’hui en six séries, la tenture comprend soixante-douze tapisseries complètes ou fragmentaires.

Tenture de l'Apocalyspe © Région des Pays de la Loire, Inventaire général. Patrice Giraud, François Lasa, 1982

Illustrant le dernier livre de la Bible, écrit par saint Jean à la fin du Ier siècle de notre ère, elle montre les fléaux qui s’abattent sur l’humanité et les combats entre le Bien et le Mal, avant de s’achever par la victoire de Dieu, délivrant ainsi un grand message d’espoir. Véritable manifeste de la puissance princière, elle reflète aussi, en interprétant cette vision eschatologique que propose la Bible, l’esprit de son temps, ses peurs et ses attentes, ses fastes et sa violence.

Tenture de l'Apocalyspe © Région des Pays de la Loire, Inventaire général. Patrice Giraud, François Lasa, 1982

La première partie du livre évoque l’art de la tapisserie au XIVe siècle, les collections princières au temps de Charles V, mais aussi l’histoire de la tenture et ses tribulations, sa relation à l’art pictural, ses sources d’inspiration et l’emblématique dont elle est le support. La seconde partie présente chacun des « tableaux » de la tapisserie, valorisé par le format à l’italienne du livre ; en regard de chaque planche, le texte de l’Apocalypse (dans la traduction de Bossuet) et les commentaires spécifiques à chacune d’elles.Pour concevoir ce livre exceptionnel, les directeurs d’ouvrage ont réuni autour d’eux les historiens et les conservateurs les plus réputés sur le sujet.

Tenture de l'Apocalyspe © Région des Pays de la Loire, Inventaire général. Patrice Giraud, François Lasa, 1982

Une réponse contemporaine à cette tapisserie a été réalisée par l’artiste Jean Lurçat lorsqu’il découvrit la tapisserie d’Angers en 1938. Cette rencontre est pour l'artiste une révélation. Alors à la veille de la Seconde Guerre mondiale, l'artiste est aussi frappé par la force du message. Il dira postérieurement qu'il lui "semblait lire sur ces murs tendus de laine, nos lendemains".

En 1957, soit 19 ans plus tard, Jean Lurçat commence son Chant du monde. Il veut y raconter le monde contemporain en donnant un équivalent artistique et symbolique à la tenture de l'Apocalypse."

En 1957, soit 19 ans plus tard, Jean Lurçat commence son Chant du monde. Il veut y raconter le monde contemporain en donnant un équivalent artistique et symbolique à la tenture de l'Apocalypse. Dans un premier temps, l'artiste dénonce les grandes menaces qui pèsent sur l'homme tellles que la bombe atomique. Dans un second temps, il est plus optimiste et délivre un message d'espoir. Les six tapisseries suivantes expriment en effet, la victoire de l'homme vivant en harmonie avec le monde et les éléments. La tenture du Chant du monde constitue le plus grand ensemble contemporain de tapisserie : 80m de long sur 4,4m de haut. Elle est le résultat d'une magnifique collaboration avec les ateliers d'Aubusson, et en particulier l'atelier de la famille Tabard qui réalisa 8 des 10 tapisseries.

Jean Lurçat, Chant du monde © regardantiquaire.canalblog.com

Le Chant du monde trouve désormais sa place à Angers, dans l'ancien hôpital St-Jean, comme un pendant contemporain à l'Apocalypse conservée au château d'Angers.

Informations pratiques :

Ouvrage : Apocalypse, la tenture de Louis d’Anjou

Collectif, Editions du Patrimoine/Centre des musées nationaux

274 pages

49 euros

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