Aller au contenu. | Aller à la navigation

narthex Art Sacre, Patrimoine, Creation

« Réflexion en cours » de Tarik Kiswanson au Collège des Bernardins

Publié le : 19 Octobre 2016
Après les installations consécutives de Stéphane Thidet, Pauline Bastard et Lies Hammadouche qui se découvraient dans une Sacristie des Bernardins plongée dans l’obscurité, c’est sous la lumière du jour que se déploient jusqu’au 18 décembre 2016 les sculptures effilées de Tarik Kiswanson. Car la lumière naturelle qui se reflète sur les multiples bandes de métal, induit la relation entre l’œuvre, le spectateur et l’architecture qui les entoure. L’installation « Ongoing reflexction ; you, me so many » de Tarik Kiswanson est un travail sculptural et conceptuel autour du corps, de la matière et de la perception.

 

Invité à « habiter » l’ancienne sacristie cistercienne, Tarik Kiswanson a choisi de dialoguer avec l’architecture du lieu dont « l’absence de lignes droites ou de coins nets ordonne tout en arcs et en courbes. » Marqué par ce « plafond qui semble faire plier l’architecture », l’artiste crée 3 structures effilées qui, en écho aux colonnes, tombent depuis 3 des 4 clés de voûtes. 

Sous la quatrième voûte l’espace est laissé libre : le corps du spectateur placé là pour une vue générale de l’œuvre, répondant à la verticalité des trois structures, semble ainsi d’emblée faire partie intégrante de l’œuvre.

Car l’interaction entre l’œuvre et le spectateur est au centre de la démarche artistique de Tarik Kiswanson. Et notamment la rencontre physique. Conçu comme des espaces intermédiaires, les mobiles en métal que l’artiste appelle « collapsing bodies » (« corps en effondrement, en chute ») accueillent les visiteurs qui deviennent alors acteurs de l’œuvre. « Comme des réminiscences de niches ou d’isoloirs, les lignes de métal poli à l’extrême définissent une certaine circulation. Les spectateurs peuvent entrer dans ces sculptures « tombantes ». Ils apparaissent alors, de même que les murs de pierres de la sacristie, oblitérés, disjoints ou démultipliés par la centaine de réflexions. » explique Tarik Kiswanson.

 

 

 

« L’un des aspects qui est devenu central pour moi est la manière dont le spectateur peut jouer un rôle actif dans la création de sens de mon travail. » Tarik Kiswanson

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l’intérieur des mobiles étirés de Tarik Kiswanson, dont la base frôle le sol sans jamais le toucher, les Araignées de Louise Bourgeois, aériennes et magnétiques, viennent à l’esprit. Comme entre les pattes des arachnides monumentales de l’artiste américaine, une sensation d’apesanteur, de suspension, nous saisit. Mais cette fois elle ne précède pas l’étau. Les structures de Tarik Kiswanson ne sont pas dévorantes. Si dans un jeu de reflets et de points de vue induits par le métal poli le corps disparaît comme un camouflage de caméléon, c’est pour « révéler un sentiment étonnamment physique de prolongation corporelle ». 

L’artiste explore ainsi des notions d’identité, de mouvement et d’hybridation, aussi bien personnel que collectif. Les composantes matérielles  de la sculpture, - des bandes de métal de 10 mètres de long, - se laissent oublier pour mieux faire vivre la rencontre éphémère entre le spectateur/ acteur et l’œuvre.

Au son du métal activé par le va-et-viens des visiteurs, et à la lumière changeante, les sculptures de Tarik Kiswanson se renouvellent sans cesse et se saisissent du lieu pour le démultiplier à l’infini. Une oeuvre qui donne tout son sens à la pratique de l’in situ.

Cette exposition fait partie du parcours Hors les Murs de la FIAC 2016.

Informations pratiques
Tarik Kiswanson : Ongoing Reflection; You, Me , So Many
Entrée libre - jusqu'au 18 décembre 2016

Collège des Bernardins, 20 rue de Poissy - 75005 Paris
Ouvert du lun. au sam. de 10h à 18h,
dim. et jour férié de 14h à 18h.

0153107444 - www.questionsdartistes.fr

ongoing reflection de Tarik Kiswanson -  Collège des Bernardins, 2016 (c) photos by voyez-vous (VV)
Recherchez sur le site

Inscrivez-vous à la newsletter