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narthex Art Sacre, Patrimoine, Creation

Koinè Recherche et le design pour la liturgie: le calice

Publié le : 14 Mars 2013
Après l’organisation d’expositions culturelles sur les thèmes des coffrets eucharistiques et des vases sacrés, une étude a été menée en 2003 sur le calice objet central dans l’action liturgique, par Koinè, la biennale italienne consacrée au monde de l'aménagement liturgique, des objets et de l'architecture des espaces sacrés



En 2003, aux quarante ans du Concile Vatican II, le renouvellement de la production italienne, en ce qui concernait les vases sacrés, était au ralenti. Les articles présentés été ancrés dans des modèles du passé, superficiellement revus et dans l’ensemble, étrangers aux expériences européennes de haut niveau comme celles du XXe siècle liées au mouvement liturgique.

 

Alberto Maria Prina. Design calice et patène © Conference Service Srl


Le calice et la production


Le calice, de tout temps, a été utilisé comme objet domestique, un verre particulier aux formes plus élaborées, une coupe qui, au cours des siècles, a été le fruit de processus artisanaux,  qui tendaient à réaliser des objets en petites séries, d’un bon niveau esthétique et  à des prix abordable, ou artistiques, dans le but de créer des œuvres souvent uniques, d’une grande valeur esthétique et expressive, qui pouvaient atteindre des prix très élevés. A partir du siècle dernier, ces modalités ont été presque entièrement substituées  par des processus de design qui tendent à la réalisation en grande série de produits à des prix contenus, aux nombreux langages  formels, généralement en harmonie avec la sensibilité contemporaine.


Sur nos tables aujourd’hui, les produits industriels, artisanaux et artistiques cohabitent, même si notre quotidien est dominé maintenant par les objets dérivés du design industriel.

 

Afra et Tobia Scarpa. Design calice © Conference Service Srl


Si on fixe son attention sur le calice dans son utilisation rituelle, surtout dans la liturgie catholique, la situation change énormément. Les processus de création et de production restent pour la plus part de type artistique et artisanal. Les calices qui, par leurs caractéristiques, peuvent se référer au monde du design sont encore en minorité.


Comme le souligne Monseigneur Giancarlo Santi « les causes de cette singulière situation peuvent être attribuées à deux causes : d’un côté, elles sont rapportées au caractère de la liturgie catholique, peu disposée à de brusques changements des formes expressives fondamentales (comme la langue, la musique et l’architecture), bien que disponibles à des modifications profondes à condition que celles-ci adviennent lentement et graduellement; de l’autre elles dépendent des caractéristiques des objets utilisés pour la liturgie catholique, en général durables, et par conséquent précieux (précieux, et par conséquent durables), parce que chargés de significations religieuses, aussi bien spécifiquement que d’une manière générale. Ainsi les objets pour la liturgie, le calice y compris, sont utilisés et conservés avec soin et dévotion, ce ne sont pas des bien de consommation et ils sont sujets à de lents processus de substitution ».


Le projet du calice


Au vu de ces informations, en 2003 Koinè Recherche s’est demandé s’il était possible de mettre en relation le projet du calice liturgique avec le design, et dans le cas affirmatif, suivant quelles modalités on arriverait à le produire. En effet, le projet de design n’ait jamais indépendant des modalités de production. A la première demande il fut donné une réponse affirmative : le design tend à conjuguer la liberté créatrice et les contraintes techniques, les exigences expressives et les nécessités des matériaux, tout en cherchant un équilibre qui, allant au-delà de la simple qualité pratique d’un objet, lui donne un véritable caractère esthétique, symbolique et rituel. 
En outre certaines prérogatives du design actuel, comme la simplicité, la sobriété et l’évidence, semblent particulièrement adaptées au thème du calice, comme aux thèmes liturgiques en général « Ce n’est pas la croix qui fait le calice, un calice est fait pour la messe »1 .

 

Lella et Massimo Vignelli. Design calice © Conference Service Srl


Pour les modalités de réalisation, on considéra les techniques artisanales plus adéquates, avec ses possibilités et ses contraintes, par rapport aux techniques industrielles, avec cependant quelques distinctions relatives à l’application de technologies innovantes dans la création de petites séries qui utilisent le savoir-faire manuel et le know-how industriel.    

 

Michele De Lucchi. Calice et patène © Conference Service Srl


Le calice à Koinè


Koinè Recherche invita donc d’importants designers et producteurs du monde de l’orfèvrerie à se confronter avec le thème, entre autres Afra et Tobia Scarpa, Michede De Lucchi, Gianfranco Frattini, Cleto Munari, Lella et Massimo Vignelli. Des lignes directives furent élaborées comme points de repère dans lesquelles le Comité Scientifique fournissait aux participants des informations sur le calice et des indications sur sa création, la manière de penser l’objet dans la liturgie. Ces notes sont aujourd’hui disponibles sur le site internet de Koinè (koine.com). Koinè spécifia en particulier le renouvellement du langage formel, en harmonie avec goûts modernes et en évaluant avec grande attention et prudence l’éventuelle utilisation des signes, symboles ou images tout en respectant « l’identité fonctionnelle » du calice.


Il fallait aussi penser au calice non comme à un objet isolé mais comme à un objet intégré dans un contexte spécifique, dans la célébration avec des éléments liés à la gestuelle du célébrant, mais aussi des associations de matières et de couleurs qui donnent un « corps visible » à la liturgie suivant les orientations actuelles inspirées plutôt par la « noble simplicité » que par la « somptuosité » ;  à la « vérité du signe » plutôt qu’à « l’allégorie » ou au « symbole ».

 

Gianfranco Frattini. Design Calice et patène © Conference Service Srl


La volonté de conjuguer les ressources créatives du design avec les exigences de la liturgie stimula un dialogue intéressant entre les designers, les liturgistes et les artisans, donnant lieu à une sorte de laboratoire dans lequel se focalisèrent des idées et des projets de grand intérêt, concrétisés ensuite dans la réalisation des prototypes exposés durant le Salon.


Deux expositions furent proposées ultérieurement pour inciter le monde du design et de l’artisanat à une réflexion supplémentaire : l’une présentait une sélection de tables de projets conçus par des jeunes designers néophytes dans ce domaine et  l’autre offrait les conclusions d’une recherche élaborée par le cours de Design Industriel de l’Université de Palerme.  


Les résultats ont mis en évidence la qualité de nombreuses réflexions possibles et Koinè se propose de revenir sur ce sujet en attirant l’attention sur des éléments comme les textiles qui participent, avec le calice, à la liturgie. 


Arch. Lea Di Muzio, Coordinatrice Koinè Recherche depuis 1988


Notes :
(1) Monseigneur  Giancarlo Santi, président Comité Scientifique Koinè Recherche

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