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narthex Art Sacre, Patrimoine, Creation

Et quoi en corps ? Le corps au XXe siècle au LAAC de Dunkerque

Publié le : 15 Juillet 2016
Partant de quelques œuvres de sa propre collection, le LAAC de Dunkerque s’est entouré de collections privées et publiques pour aborder l’histoire mouvementée de la représentation du corps au XXe siècle. Pendant ce siècle et comme à chaque époque, le regard des artistes sur le corps a accompagné les événements historiques et sociaux. Depuis le temps où la société (re)découvre son corps, à la beauté redéfinie des dernières décennies, en passant par les figures anonymes de l’après-guerre ou par l’émancipation des années 1960. L’exposition « Every Body », à découvrir jusqu’au 18 septembre 2016, se veut être un seul point de vue qui en appelle d’autres. Ainsi elle participe à la question récurrente: comment l’art nous parle-t-il de nous ?

Vue de l'exposition Every Body salle "l'effet miroir" avec les oeuvres d'Antony Gormley, Orlan et Francis Bacon

Si nous avons tous un point commun, c’est celui d’avoir un corps.

« Toute l’histoire de la philosophie, des religions, interroge le corps, sa représentation, sa matérialité, la relation qu’il entretient avec l’esprit, l’âme.

Toute l’histoire de l’humanité nous montre la puissance créatrice de l’homme et sa force destructrice.

Toute l’histoire de l’art nous montre, des représentations les plus académiques aux happenings et performances des années 70 et jusqu’à la dématérialisation technologique, comment les œuvres peuvent interroger l’image, la représentation des corps, l’expression d’une souffrance ou d’un bonheur, l’affirmation d’un engagement politique, le désir, depuis l’origine des temps, de laisser une trace, de construire un récit. » expliquent Richard Schotte et Sophie Warlop, les commissaires de l’exposition.

John Coplans, Side view, knees with fist, 1984 – Frac Lorraine, Metz © J. Coplans

La scénographie de « Every Body » montre les diverses manières d’exprimer ces interrogations métaphysiques : le corps peut être l’objet d’un désir, l’outil d’une technique, il peut laisser la trace d’un geste et/ou d’un passage, il peut se mettre en danger. Il manifestera toujours la tension entre l’unique et la diversité, entre l’individu et le corps social.

Antony Gormley, CLENCH, 2013. Cast Iron, 49 x 50 x 84 cm. Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, Paris/Salzburg

La salle intitulée « L’effet miroir » montre par exemple combien l’œuvre d’art, en plus de nous proposer une réflexion, nous permet une projection. L’image d’un corps nu et vieillissant découpé, morcelé par John Coplans, dévoile, par son intimité et sa proximité, l’essence d’une condition universelle. Pour Antony Gormley, « le corps est un endroit plus qu’un objet » : ses sculptures massives naviguent entre la réalité accessible et l’intériorité.

Vue de l'exposition Every Body salle "La concierge est dans l'escalier" avec au premier plan l'oeuvre d'Erwin Wurm, Untitled, 2008

Le corps peut également être présent dans les traces qu’il a laissées. Les restes d’une expérience, d’une performance, témoignent d’une existence éphémère. Comme les Vases anthropomorphes de Pascal Convert qui, en apparence abstraits, reproduisent l’empreinte de l’avant-bras de l’artiste et amorcent déjà une autre histoire.
La réalité physique de l’acte créatif est envisagée par Ushio Shinohara comme un combat, une lutte dans Boxing Painting.
Dans ses sculptures, Erwin Wurm convoque ce qui caractérise le corps: le poids, la masse, le plein, le vide pour osciller entre l’objet et l’humain, entre la légèreté des petits tracas et la forces des questions existentielles.

Ushio Shinohara, Boxing Painting, 1960 - 2000. Peinture, toile libre, acrylique sur toile de coton, 157 x 1000 cm. Collection IAC, Rhône-Alpes - Photo André Morin © droits réservés

Ainsi, le parcours de l’exposition montre l’évolution du regard des artistes sur l’homme. Depuis les mouvements figuratifs des années 1960 à 1980, jusqu’aux mouvements des années 1990-2000 lorsque le corps devient lui-même matériaux de création et véhicule de provocation au service de la liberté d’expression.

Un regard toujours troublant, souvent choquant, parfois fascinant…

Informations pratiques

Every Body, jusqu’au 18 septembre 2016 au LAAC de Dunkerque
302 avenue des Bordées
59140 DUNKERQUE
TEL : 03.28.29.56.00
En savoir plus sur l'expo www.musees-dunkerque.eu/les-expositions/en-cours/detail-des-expos/actualites/every-body
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 12h15 et de 14h à 18h
Nocturne le 3ème jeudi du mois jusqu’à 20h30 d’avril à septembre
Fermé le 15 août
Préparez votre visite musees-dunkerque.eu/votre-visite/individuels-et-familles

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