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narthex Art Sacre, Patrimoine, Creation

Jour 17 : Troisième dimanche de l'Avent - “Un chemin vers la Lumière”

Publié le : 17 Décembre 2017
Pour ce troisième dimanche de l'Avent, méditons ensemble sur un chemin vers la Lumière, en contemplant le portail central du narthex de la Basilique de Vézelay (Vers 1140).

Vézelay

Narthex…

Le narthex, comme le nom de la revue… Ce lieu surprenant, antichambre des catéchumènes d’où ils étaient instruits avant leur baptême. Un lieu où l’on se prépare, où l’on trace des chemins dans sa vie pour le Christ, où l’on cherche la lumière pour son âme. Qui mieux que Jean-Baptiste pouvait accueillir tous ceux qui se préparaient au baptême que Jean le Baptiste ?
Il est là, sur le trumeau (pièce verticale qui supporte le linteau du tympan).

Saint Jean-Baptiste…

Hiératique, il porte dans une grande hostie l’Agneau de Dieu, Celui que recevront les nouveaux baptisés communiant pour la première fois au Corps du Sauveur.

Sur la reconstitution de Viollet-le-Duc, ses yeux paraissent clos, il baisse le regard sur Celui dont il n’est pas digne de délier les sandales. Il porte celui qui le porte. Accroché à ses épaules, son manteau en poils de chameau ne semble pas empêcher sa robe de voler au souffle du de l’Esprit de Pentecôte qui vient du tympan. Il se laisse porter par ce vent dont nul ne sait d’où il vient, ni où il va.

Même s’il porte la tenue d’Élie, le grand prophète dont tous attendent le retour glorieux, prémices de la fin des temps, il n’est pas le Prophète. Il est un humble serviteur aux pieds de son Maître. Sa mission est de nous présenter Jésus. Ceux qui le regardent, dans ce narthex, allaient aussi recevoir ce baptême d’eau et d’Esprit-Saint promis par le Précurseur.

La porte…

Pour eux, une nuit de Pâques, la porte allait s’ouvrir. Ils allaient emprunter la voie du salut, la voie de la Lumière. Au-dessus de Jean, il y a le Christ, ce Roi solaire qui invite et accueille tous les hommes. Ces catéchumènes vivaient un Avent, à la suite de Jean-Baptiste, ils partaient à l’Avent(ure). Dans leur vie allait advenir la présence du Christ et de son Esprit qui les mèneraient au Père. Cette nuit-là, ils entraient dans la nef par la porte de gauche, dite porte de Jean-Baptiste. Ils le suivaient dans le désert. Avec lui, ils redressaient le chemin de leur vie. Ils recevaient alors le baptême, porte d’entrée dans la vie éternelle.

Un chemin…

Ils cheminaient alors jusqu’à l’autel, jusqu’au Christ ressuscité. Ils entraient ainsi dans la Lumière et cheminaient avec elle. Deux fois par an, aux solstices d’été et d’hiver, ce même chemin de lumière se dessine sur le pavement de la nef, menant jusqu’au chœur de la Basilique. Non, Jean n’est pas la lumière, mais il est bien celui qui rend témoignage au Christ, Lumière née de la Lumière.

L’aventure de l’Avent…

Nous aussi nous sommes en attente dans ce narthex. Nous aussi nous attendons d’être baptisés dans la Lumière. Nous aussi nous espérons être emportés par le vent de l’Esprit. Nous sommes en attente, en Avent… Jean-Baptiste nous invite à la confiance. Même si la peur de rencontrer les tribus surprenantes qui peuplent le linteau peut nous paralyser ; même si le rythme des saisons qui entourent le tympan (dans les deux demi-cercles les plus extérieurs) peut nous endormir ; même si le message aux sept Églises de l’Apocalypse (dans les carrés des deux demi-cercles) peut nous effrayer, la paix de l’Agneau de Dieu que présente Jean doit nous rassurer et nous permettre de nous mettre debout, de pousser la porte et d’entrer. L’Avent, c’est accepter de pousser la porte, d’entrer au désert, de suivre Jean-Baptiste, de chercher le chemin de lumière. L’Avent, c’est une aventure !

Un Avent baptismal ?

Tout Avent se devrait d’être le rappel du chemin que nous avons parcouru depuis notre baptême. Tout Avent se devrait d’être un regard sur notre désert intérieur. Rassurez-vous, c’est quand on est dans le désert que l’on peut repérer l’essentiel ! Tout Avent devrait se vivre dans un narthex intérieur, lieu et temps où nos yeux s’habituent aux ténèbres pour y voir la lumière attendue à Noël ; lieu et temps où l’on apprend à retrouver une hiérarchie (un ordre sacré) : en haut Jésus, sous ses pieds les nations, à ses pieds le Précurseur. Au sommet de ma joie, mon Dieu. Son piédestal, ma vie dans le monde. En-dessous, au plus profond de moi-même, Jean qui veut me mener au Christ. Il est cette voix que je ne peux entendre que si je me retire dans mon narthex intérieur. Il est cette voix qui me montrera la voie la nuit de Noël.

De Noël à Pâques…

Dans la nuit de la Nativité, nous entendrons une autre voix résonner dans les ténèbres. C’était celle de la libération, c’est celle de Jean-Baptiste, c’est celle de Jésus qui nous appelle. Il frappe à la porte et attend que nous ouvrions. Poussons la porte. Jésus nous attend derrière. Poussons la porte, la lumière va dessiner le chemin jusqu’à l’autel. Revivons notre baptême et ce temps de l’Avent. Écoutons le Baptiste qui nous montre l’Agneau de Dieu, la vraie Lumière.

Cela s’est passé dans le narthex, de l’autre côté de la nef, à l’endroit où Jean baptisait.

Bon chemin vers la Lumière !

Père Olivier Plichon,

Aumônier de la communauté des français expatriés à Milan

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