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11 projets et une jeune restauratrice du patrimoine récompensés par le prix Pèlerin « Un patrimoine pour demain »

Publié le : 8 Novembre 2011
Le 3 septembre dernier, Pèlerin, l'hebdomadaire chrétien des éditions Bayard, a récompensé 11 projets de restauration et une jeune artisane d'art lauréats du concours « un Patrimoine pour demain ». Coup de projecteur sur ces projets passionnants

Ce 21ème concours « Un patrimoine pour demain » s’est déroulé sous le parrainage d’honneur de Bernard Pivot. Journaliste et écrivain passionné du patrimoine, il a accompagné les lauréats 2011 : « J’ai toujours exercé mon métier de journaliste dans la passion du patrimoine, à commencer par le patrimoine littéraire. Comment parler des écrivains d’aujourd’hui sans connaître ceux qui les ont précédés? Très vite, j’ai été sensible à l’histoire des mots, je me suis senti curieux de leurs racines, soucieux de leur bonne santé. Comme votre concours Un patrimoine pour demain, préserve les chefs-d’œuvre de nos régions, j’ai voulu sauver certains termes de l’oubli. »

Cette année l’accent fut mis sur l’art sacré : sculpture, fresques, vitraux, confessionnaux…Le Prix Pèlerin « Un patrimoine pour demain » permettra à chacun de ces objets d’être restauré et de retrouvé leur éclat passé.

 

Jeudi 3 novembre, Remise du Prix Pèlerin "Un patrimoine pour demain".
Les lauréats 2011, les membres du Jury et les membres des équipes Pèlerin 
© GILLES FORNET / Pèlerin

 

Par ce concours, Pèlerin souhaite sensibiliser les Français à leur patrimoine de proximité ; encourager tous ceux qui œuvrent pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine local, régional, culturel et religieux ; épauler les associations et les communes dans leur projet de restauration et de préservation du patrimoine. En vingt et un ans, c’est plus de 242 projets repartis dans 21 régions qui ont été dotés de ce prix. Sans oublier le prix spécial qui récompense le travail d’un(e) jeune artisan d’art, restaurateur du patrimoine et l’aide ainsi à s’installer pour qu’il/elle puisse commencer à exercer son métier.

 

Les projets mis à l’honneur pour cette 21ème édition du concours
« un patrimoine pour demain »

 

• Aquitaine : Calvaire de Verdelais (Gironde)

La commune de Verdelais possède un patrimoine exceptionnel : un chemin de croix jalonné par 15 chapelles qui se termine par un calvaire monumental. Ce chemin de croix grandeur nature est l’un des derniers encore visible sur notre territoire. Le projet de conservation auquel participe Pèlerin et l’association Notre-Dame de la Source est la restauration de la première chapelle et du calvaire qui ont beaucoup souffert du temps.

L’avis de Bernard Pivot : « Impressionnant calvaire qui veille, du haut de la colline de Cussol, sur le vignoble de Sauternes. Je me permets d’attirer l’attention des lecteurs sur la statue la plus dégradée: celle du mauvais larron. Avant de brûler en enfer, il est déjà mal en point sur cette terre. Le restaurer c’est déjà un peu le pardonner, non ? »

 

• Auvergne : Peintures de l’église Saint-Pourçain, Louchy-Montfand (Allier)

Des peintures murales mises à jour dans une église romane agrandie au XIVe siècle doivent être restaurées. Patrimoine d’exception, cette église est d’ores et déjà inscrite dans un parcours de visites regroupant 22 sites : « La route des églises peintes du Bourdonnais ». La restauration de ces fresques achèvera le programme de préservation qui concernait l’église de Saint-Pourçain.

L’avis de Bernard Pivot : « Rien n’est plus émouvant que la restauration des fresques qui risquent de s’évanouir dans l’oubli. Le peintre qui ressuscite les personnages et les scènes, qui ravive les pigments estompés, est un grand magicien. Le passage de relais dans le temps entre le créateur de l’œuvre et celui qui la restaure est une aventure humaine et artistique qui me bouleverse. Coup de chapeau à l’association Saint-Roch qui va sauver du néant, un étrange franciscain, une adoration des Mages et un mystérieux saint vêtu de noir. »

 

• Basse-Normandie : Eglise de Saint-Malo, La Fresnaye-au-Sauvage (Orne)

Les piliers de cette église ont disparu, laissant la toiture reposée uniquement sur les murs qui n’ont pas été conçus pour cela. Grâce à des bénévoles passionnés, l’église reste vivante mais des travaux de consolidation sont nécessaires pour qu’elle soit sauvegardée. Le prix "un patrimoine pour demain" permettra de lancer le chantier de consolidation des murs.

L’avis de Bernard Pivot : « La charpente est à l’église, ce que le squelette est à notre corps. Sans colonne vertébrale, il n’y a pas d’homme. Sans toit l’église perd son âme. Même si le ciel au-dessus de nos têtes nous rappelle à juste titre que nous ne sommes pas tout-puissants en ce bas monde, je milite pour que les paroissiens de l’église Saint-Malo puissent se protéger de la pluie et du vent, se recueillir au sec, à l’abri des intempéries. »

 

• Bourgogne : Tableau de sainte Véronique, Mercurey (Saône-et-Loire)

C’est une peinture flamande « sainte Véronique épongeant le visage du Christ » conservée au beau milieu de la Bourgogne qui a suscité l’intérêt du Jury. La dotation de Pèlerin permettra de restaurer cette peinture de grande qualité mais en mauvais état.

 

• Centre : Vitraux de l’église Saint-Pierre-ès-Liens, Cussay (Indre-et-Loire)

L’église de Cussay, en Indre-et-Loire possède un ensemble de vitraux préraphaélite remarquable. Deux des quinze baies de cette église ont déjà été restaurées. Grâce au prix « un patrimoine pour demain », les Cussayais auront des vitraux en bon état. Cette dotation permettra à la commune de poursuivre le chantier.

L’avis de Bernard Pivot : « Ces vitraux sont un véritable catéchisme en couleurs pour les fidèles. Ils illustrent les Écritures, la vie édifiante des saintes et des saints. D’habitude, je suis plus sensible aux verrières abstraites; elles laissent l’âme voyager librement à travers la magie colorée du verre qui change au gré de la course du soleil, des heures et des saisons. Mais ces vitraux préraphaélites de l’église de Cussay, aux couleurs vives et aux formes pures m’ont tapé dans l’œil »

 

 Vitraux de l’église Saint-Pierre-ès-Liens, Cussay , Indre-et-Loire © CYRIL CHIGOT / Pèlerin

 

• Champagne-Ardenne : Corbillard de Charmont-sous-Barbuise (Aube)

C’est un vestige du passé qui va pouvoir être restauré : un corbillard datant du début du XXe siècle. La voiture, tirée par des chevaux, possède encore ses magnifiques atours de velours noirs brodées d’or… Le prix « un Patrimoine pour demain » de Pèlerin et du Comité français de radiotélévision (CFRT), qui produit Le Jour du Seigneur va permettre la restauration complète du corbillard, lui donnant ainsi une deuxième vie…

L’avis de Bernard Pivot : « Enfant, j’ai vu passer dans les villages du Beaujolais des corbillards attelés à de magnifiques chevaux noirs en costume d’apparat. Je me souviens de la gravité des proches marchant lentement et en silence derrière le cercueil. Même les montures portaient le deuil de la personne qu’elles allaient mettre en terre. Le corbillard fait partie du patrimoine français. Que ce soit dans les chansons de Brassens ou les films d’entre-deux-guerres, il raconte un rituel solennel de l’adieu d’une poésie intense. »

 

 Corbillard de Charmont-sous-Barbuise, Aube © GIL FORNET / Pèlerin

 

• Franche-Comté : Orgue de l’église Sainte-Anne, Tavaux (Jura)

Le patrimoine musical du Jura est mis à l’honneur par le prix « un patrimoine pour demain ». L’église Sainte-Anne inaugurée le 3 septembre 1939 n’a jamais reçu l’orgue prévu à cause de l’entrée dans la Seconde-Guerre Mondiale. L’église va pouvoir recevoir son instrument 70 ans après son inauguration. L’orgue en question se trouvait dans la cathédrale de Dole. Après de gros travaux de restauration qui pourront être réalisés en partie par la dotation de Pèlerin, l’orgue trouvera sa place tout naturellement dans l’église Sainte-Anne de Travaux

L’avis de Bernard Pivot : "Contrairement à la chaire ou au confessionnal, l’orgue n’est pas boudé dans les églises. Il est objet de soins amoureux, de restaurations minutieuses. Ce qui prouve qu’une cantate de Bach fait plus de conversions qu’une homélie en altitude ou des remords confidentiels. Une fois de plus, je constate la supériorité de la musique sur les mots. Bach est plus convaincant, plus universel que l’orateur le plus brillant".


• Ile-de-France : « L’Assomption du monde sauvé par la Croix», du séminaire Saint-Sulpice, lssy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine)

Tout près de Paris, les anges veillent… Le séminaire Saint-Sulpice, magnifique œuvre du XIXe siècle, possède une Grande Chapelle, édifiée sur le modèle de celle du château de Versailles. Elle est le joyau du séminaire. Suite à la rénovation de la façade et des vitraux, c’est désormais au tour du fronton de la chapelle, couronné par un groupe en bronze monumental d’esprit néobaroque d’être restauré. Deux anges sont placés de chaque côté de la sphère d’où se dresse la croix intitulé l’Assomption du monde sauvé parla Croix. Grâce à la dotation de Pèlerin et des Chantiers du Cardinal, les ailes des anges seront redorées et offertes aux yeux de tous.

L’avis de Bernard Pivot : « Si j’en crois cette magnifique sculpture, les anges sont des femmes. La beauté de leurs visages, la finesse de leurs mains nous mettent sur la piste. Je remercie l’artiste d’avoir résolu la vieille querelle sur le sexe des anges en faveur du féminin. Dans ce bronze, le monde est sauvé par la Croix mais aussi par la douceur, la détermination et l’énergie des femmes. Elles sont le salut du monde: elles nous donnent la vie, il est juste qu’elles la restituent, l’exaltent en participant à la gloire divine »

 

 « L’Assomption du monde sauvé par la Croix », du séminaire Saint-Sulpice, lssy-les-Moulineaux, Hauts-de-Seine © GIL FORNET / Pèlerin

 

• Midi-Pyrénées : Confessionnaux, Seix (Ariège)

Après une importante restauration, l’église de Seix ouvre à nouveau ses portes aux paroissiens et visiteurs. Cet été la chapelle a même accueilli plusieurs expositions de peintures, un concert, et la cloche a sonné pour un baptême. L’église possède de très beaux et très anciens confessionnaux qu’il faut sauver pour qu’ils puissent retrouver leur place dans l’église. Très peu utilisés désormais, les confessionnaux sont un patrimoine en danger.

L’avis de Bernard Pivot : « Le confessionnal est lié à ma jeunesse. Nous devions en passer par cette demi-obscurité, nous agenouiller dans une sorte de dramaturgie intime pour avouer nos péchés. Comme la chaire, le confessionnal était conçu pour impressionner le pécheur, Aujourd’hui, le sacrement de réconciliation a remplacé la punition. Pourtant je regrette que ces meubles d’un autre temps finissent au rayon des antiquaires. Les remords dont ils restent dépositaires exigent pour eux un sort plus digne. »

 

Confessionnaux, Seix, Ariège © PIERRE MERIMEE / Pèlerin


• Nord-Pas-de-Calais: L’église Saint-Sulpice, Lumbres (Pas-de-Calais)

Cette belle église de style néogothique (1854-1859) méritait une restauration complète car elle se trouvait, jusqu’à l’intervention du poignée de bénévoles passionnés, dans un état de délabrement avancé… Pèlerin et la Fondation du Patrimoine s’associe au projet de consolidation du bâti et au nettoyage des pierres, pour que l’église retrouve toute sa blancheur.

L’avis de Bernard Pivot : « Un village, c’est un clocher, une mairie et une école. Ôtez-lui un de ces trois piliers et il décline. La Fondation du Patrimoine fait oeuvre de salut public en restaurant l’église Saint-Sulpice. Qu’ils croient au ciel ou n’y croient pas, les habitants de Lumbres ont besoin de leur clocher de craie. Leur mobilisation en est la preuve »


• Rhône-Alpes : Statue de saint Vincent, église Saint-Claude, Blacé (Rhône)

Un magnifique Saint-Vincent en bois doré polychrome fut retrouvé dans l’église de Saint-Claude lors de la restauration de cette dernière. Saint-Vincent, saint patron régional des vignerons, tient dans sa main une grappe de raisin. Grâce à la dotation de Pèlerin, cette belle statue va pouvoir être restaurée par des professionnels de la sculpture sur bois, qui se chargeront de lui rendre couleurs et finesse.

L’avis de Bernard Pivot : « Il est jeune, il est beau, il ales yeux bleus, il tient une grappe dans la main droite. J’imagine que ce raisin est du gallet, un cépage modeste du Beaujolais qui va bien avec ce saint humble, proche des viticulteurs. Le livre qu’il tient dans la main gauche est-il un livre saint ou un livre de cave? Restaurer cette statue de la petite église de Blacé en Beaujolais me tient à cœur. Une façon de soutenir les vignerons de mon pays qui fabriquent un vin populaire aux arômes de fruits rouges. »


• Picardie : Prix du Jeune artisan d’art (l’Aisne)

LUCIE PIERI, restauratrice du patrimoine, en particulier les sculptures : bois, pierre, plâtre, terre et polychromie. Lucie Pieri défini sa vocation par ces mots : « L’envie de devenir restauratrice du patrimoine est née au cours des étés passés dans la campagne Toscane, d’où sont originaires mes grands-parents, un peu à la suite des visites de musées et petites églises, beaucoup en fouillant dans les caves et les armoires. Ce sentiment d’impuissance ressentie à la vue des objets se dégradant inéluctablement m’a déterminée à apprendre comment les restaurer »

À 27 ans, Lucie Pieri a pu participer à de nombreux chantiers en France mais aussi à l’Etranger. Le Prix Pèlerin va pouvoir l’aider à réaliser son rêve : s’installer en Picardie, sa région natale, afin de pouvoir recevoir des sculptures de musées, églises, collectivités locales ou particuliers de la région et des alentours. Elle pourra s’équiper en matériels de restauration indispensables : échafaudage, outillage, et d’un camion atelier.

L’avis de Bernard Pivot : « Cette restauratrice débutante est à l’image de votre concours qui sauvegarde le passé tout en préfaçant ravénir. Le prix du jeune artisan d’art récompense un talent et une ambition. Le talent d’une novice qui met ses mains au service de la mémoire et du beau, en choisissant d’exercer un métier traditionnel. L’ambition que le patrimoine participe à l’intégration des jeunes dans la société et devienne source de richesse. En aidant un créateur d’entreprise, le concours passe le relais aux générations futures. »

 

Vous souhaitez participer au concours Pèlerin « Un patrimoine pour demain » ? Renseignez vous sous ce lien : "Un Patrimoine pour demain"

 

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