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1400-1460 : Le Printemps de la Renaissance florentine, à découvrir au Louvre

Publié le : 4 Novembre 2013
Si la Renaissance italienne est souvent illustrée par les célèbres peintures de Leonard de Vinci ou Raphaël, c’est pourtant entre les mains des sculpteurs que se sont manifestées ses premières formes d’expression. Jusqu’au 6 janvier 2014, le musée du Louvre met en lumière le rôle fondamental de la sculpture dans ce mouvement artistique et culturel majeur né à Florence à l’aube du XVe siècle.

Autour des plus grands chefs-d’œuvre sculptés de la première Renaissance, l'exposition présente peintures, dessins, manuscrits, pièces d’orfèvrerie et majoliques. La collaboration de l'institution française avec le musée national du Bargello et la Fondation Palazzo Strozzi offre aux visiteurs un ensemble inédit de 140 œuvres, témoins de l’influence de la sculpture sur les autres arts. Le parcours thématique permet de comprendre l’éclosion d’une nouvelle vision du monde qui replace l’homme au cœur de la pensée et de la création.

Rarement la naissance d’un style est associée à une œuvre en particulier. Pour la Renaissance, l'histoire de l'art a cependant choisi les deux reliefs du Sacrifice d’Isaac réalisés par Lorenzo Ghilberti et Filippo Brunelleschi pour le concours des deuxièmes portes du baptistère de Florence en 1401. 

DONATELLO, SAINT LOUIS DE TOULOUSE, 1422-1425, BRONZE DORÉ (STATUE); ARGENT, BRONZE DORÉ, ÉMAUX ET CRISTAUX DE ROCHE (TIARE). FLORENCE, MUSÉE DE L’OEUVRE DE SANTA CROCE © STUDIO ANTONIO QUATTRONE, FLORENCE, BY PERMISSION OF FONDO EDIFICI DI CULTO, MINISTERO DELL’INTERNO

A cette époque, la République florentine est à son apogée politique et économique. Désireuse de s’ériger en modèle pour les autres Etats italiens, la ville renoue avec l’héritage de la Rome antique. Les thèmes et les formes de l’Antiquité classique redécouverte aux XIIIe et XIVe siècles, sont assimilés par les artistes et adaptés aux nouvelles aspirations chrétiennes.

Les commandes publiques les plus prestigieuses sont pour la plupart destinées à des lieux de bienfaisance et de prière. A l’entrée de l’exposition, la maquette de la coupole de la cathédrale Santa Maria del Fiore, conçue par Brunelleschi, symbolise l'effervescence créative et spirituelle de la cité.

Exposées côte à côte, les statues monumentales de Saint Matthieu et de Saint Louis de Toulouse exécutées respectivement par Ghiberti et Donatello pour les tabernacles extérieurs de l’église Orsanmichele, incarnent les idéaux modernes. La réalité physique des corps est mise en avant par des gestes amples et des drapés vigoureux. Leur force expressive inédite valorise l’intériorité de la figure sainte et exalte la foi.

Les peintres sont à leur tour influencés par le réalisme plastique de la statuaire. Paolo Uccello, Andrea del Castagno ou Filippo Lippi donnent à leurs personnages un naturalisme sans précédent. 

 

Andrea del Castagno (Andrea di Bartolo) Apparition de la Trinité aux saints Jérôme, Paule et Eustochie, 1454, fresque déposée. Florence, Basilique de la
Santissima Annunziata  © Studio Antonio Quattrone, Florence, by permission of Fondo Edifici di Culto, Ministero dell’Interno

La perspective linéaire découverte par Filippo Brunelleschi et maîtrisée dès 1417 par Donatello dans sa Prédelle du saint Georges, achève de conférer aux personnages une place centrale dans la scène représentée.

Les nouveaux canons esthétiques apportent aux figures sacrées une humanité simple et douce qui rencontre un vrai succès. En témoigne à partir des années 1420, une production immense de reliefs de dévotion privée sur le thème de la Vierge à l’Enfant. La technique de la terre cuite polychrome et rehaussée d’or mise au point par Luca della Robbia permet d’évoquer la manifestation lumineuse du divin.
La grâce, le naturel des gestes et la qualité d’exécution font de cette Vierge et l’Enfant un parfait résumé du nouveau style.

Luca della Robbia, La Vierge et l’Enfant (Madone Bliss), 1450-1460 ©The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais / image of the MMA

La visite s'achève sur une impressionnante galerie de portraits en buste. Ce genre nouveau commence à se diffuser vers le milieu du siècle avec l'apparition d'un mécénat privé. Les profils des empereurs côtoient les blasons des plus grandes familles patriciennes, annonçant déjà l'hégémonie des Médicis.

Cette exposition au titre emblématique de « Printemps de la Renaissance » nous plonge dans le « miracle » survenu à Florence dans la première moitié du XVe siècle qui a marqué pour longtemps toute la création occidentale.

 

Informations pratiques
Horaires: Tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 17h45, les mercredi et vendredi jusqu’à 21h45.
Tarifs: Billet spécifique pour l’exposition Le printemps de la Renaissance : 13 €
Billet jumelé (collections permanentes + exposition Le printemps de la
Renaissance
) : 16 € avant 18h, 12 € après 18h les mercredi et vendredi

Accès libre pour les moins de 18 ans, les chômeurs, les titulaires des cartes Louvre
jeunes, Louvre enseignants, Louvre professionnels, Louvre étudiants partenaires ou
de la carte Amis du Louvre
Renseignements: 01 40 20 53 17 - www.louvre.fr

Autour de l’exposition
Colloque
Vendredi 6 décembre 2013 de 15h à 18h30 - INHA
Samedi 7 décembre 2013 de 10h à 18h30 - Auditorium du Louvre
La sculpture à Florence au XVe siècle et ses fonctions dans l’espace
urbain, 
sous la direction de Marc Bormand et Beatrice Paolozzi Strozzi.

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