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La Renaissance à Toulouse - musée des Augustins

Publié le : 15 Juin 2018
L’art de la Renaissance, un sujet vu et revu ? Le musée des Augustins de Toulouse dépoussière la thématique en déplaçant le point focal habituellement adopté, pour mettre en lumière la vitalité de la ville et de la région toulousaine. Cette exposition inédite, menée dans le cadre d’un projet universitaire d’envergure, permettra de comprendre combien Toulouse a contribué au rayonnement de la Renaissance en France. Jusqu’au 24 septembre 2018.

(à g.) Ecce Homo, début XVIe siècle, cathédrale Sainte-Cécile, Albi. Photo Jean-François Peiré – DRAC Occitanie. // (en h. à d.) Apôtre tenant un livre, XVIe siècle // (en b. à d.) Vitrail, (détail) les commanditaires (?), 1509-1513, chapelle Saint-Louis de la cathédrale Sainte-Marie, Auch. Photo Jean-François Peiré – DRAC Occitanie.

À Toulouse, ville puissante et opulente, siège d’un immense archevêché, d’un parlement souverain et d’une université réputée, l’essor des arts, qui accompagna le profond élan humaniste de la Renaissance, prit des dimensions symboliques, sociologiques et politiques particulières, en relation avec la prétention séculaire en un passé hors du commun. Capitale d’une province de l’Ancien régime, Toulouse s’est caractérisée toutefois par son éloignement de la cour et par son rôle de foyer artistique majeur.

A travers le parcours de « Toulouse Renaissance » au musée des Augustins, le visiteur découvre un autre temps fort de l’histoire toulousaine et languedocienne, de cette région que l’on résume parfois à son passé cathare. Or le mouvement artistique qui prend son essor en France à partir des années 1510 s’exprime dans le quart sud-ouest de la France au sein de plusieurs foyers : Toulouse bien sûr, mais aussi Albi, Auch, Rodez ou encore Narbonne. Découvrez à présent quelques chef-d’œuvres de l’exposition, précieux témoignages du goût des commanditaires autant que de la maîtrise technique et des influences des artistes de la région.

Buste reliquaire de saint Lizier

Réalisé par Antoine Favier vers 1518, cette pièce remarquable montre l’avènement d’une orfèvrerie de prestige, en atteste la grande variété de techniques (ciselage, filigrane, pierres serties en bâtes) et la richesse des matériaux (argent partiellement doré, pierres semi-précieuses). Le visage du saint est quant à lui peint, dans un souci naturaliste qui rejoint les canons artistiques de la Renaissance. Ce reliquaire est à l’effigie de Saint Lizier fut évêque de Couserans (Pyrénées orientales) au VIe siècle ; le culte des saints, qui a connu un essor croissant durant tout le Moyen Âge, est encore très prégnant au début du XVIe siècle. Les reliques y jouent un rôle important (dévotions, propriétés miraculeuses, processions…), c’est pourquoi la cathédrale Saint-Lizier de la localité éponyme (siège de l’évêque de Couserans jusqu’au milieu du XVIIe siècle), abritait la relique de chef (c’est-à-dire, la tête) de son saint patron. La cathédrale en a fait le prêt au musée des Augustins le temps de l’exposition.

Antoine Favier, Buste reliquaire de saint Lizier, 1518, cathédrale, Saint-Lizier. Photo Philippe Poitou, Louise Trinquecaste (c) Inventaire général Région Occitanie.

Jean Bauduy, Prophètes et sibylles, 1523. Musée des Augustins, Toulouse. Photo Daniel Martin.
Le groupe des « Prophètes et sibylles »

Cet ensemble exceptionnel de sculptures grandeur nature en terre cuite est attribué au sculpteur Jean Bauduy, (actif à Bordeaux entre 1497 et 1530). Placées à l’origine dans le déambulatoire du chœur de la basilique Saint-Sernin de Toulouse, ces sculptures en furent délogées lors des travaux entrepris par Viollet-le-Duc à partir de 1860, et déposées au musée des Augustins. Les prophètes prédisent la venue du Christ Sauveur, tandis que les sibylles annoncent les mystères joyeux ou douloureux de la vie du Christ. Si leur mise en couleurs a disparu, ces sculptures n’ont rien perdu de la finesse de leur exécution (richesse des drapés et des vêtements). Leur disposition d’origine, à 2,50 m du sol, explique leur inclinaison : elles sont légèrement penchées pour mieux s’adresser au fidèle.

Peinture de la multiplication des pains

Conservée habituellement dans la chapelle de l’Annonciade de la cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur of Narbonne, ce tableau de grandes dimensions (2,3m sur 3m environ) fait partie des témoignages de l’évolution du style pictural à la Renaissance dans la région languedocienne. Le peintre, anonyme, a pris soin de dater l’œuvre (1556), confirmant ainsi sa parenté avec une forme de classicisme qui fait son apparition dès les années 1530. La théâtralité des gestes et attitudes, le soin apporté au traitement des drapés, l’apparence quasi sculpturale des visages, notamment ceux de profil, et la construction de la scène (groupe au premier plan et point de fuite décalé sur la gauche du tableau) sont autant d’éléments caractéristiques de ce style.

Anonyme languedocien, La Multiplication des pains, 1556. Cathédrale Saint-Just et Saint-Pasteur, Narbonne. Photo Musée d'art de Narbonne – C. Lauthelin.

 

Bien d’autres œuvres remarquables vous attendent dans le parcours de l’exposition « Toulouse Renaissance » au musée des Augustins de Toulouse jusqu’au 24 septembre.


Toutes les informations pratiques pour visiter l’exposition en cliquant ici.

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