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Petit traité de la chose publique à l'usage des amis des églises privées - épisode 2

Publié le : 19 Février 2013
Voici le 2e épisode du petit traité de la chose publique à l'usage des amis des églises privées par Claude de Martel : "Savoir se présenter" !

En France, on distingue deux types d’écoles : publiques et privées. Mais les adjectifs « public » ou « privé » sont rarement accolés au substantif « église ». Et pourtant, il existe des églises « privées » : ce sont, pour la plupart, des églises construites après la Séparation des Églises et de l’État en 1905, et appartenant aux diocèses.

Beaucoup de ces églises ont des « amis », regroupés en associations qui se chargent souvent d’effectuer des démarches auprès des « administrations » (au sens large), pour solliciter des subventions, demander des autorisations ou simplement se faire connaître.

Les animateurs de ce blog se trouvent dans ce cas. Ils ont une expérience de presque 15 ans des relations avec les services administratifs intéressés par la protection du Patrimoine. Ils la résument ici avec quatre articles donnant des informations et des conseils.

 

Règle n°2 : savoir se présenter

Lorsqu’ils partent à la rencontre des services d’une administration, quelle qu’elle soit, les amis d’une église privée ont la même appréhension que tous les citoyens confrontés à la complexité des organismes, des appellations, des organigrammes, des circuits, etc. La règle n°1 proposée dans l’article précédent consiste à chercher à se familiariser avec la complexité administrative avant d’entreprendre les démarches.

Mais les amis des églises privées doivent réaliser que leurs interlocuteurs, eux aussi, peuvent se montrer perplexes. D’où l’importance de savoir se présenter (nous ne parlons pas de la tenue vestimentaire !)

Exemple : quand nous exposons les projets pour l’église Saint-Louis de Vincennes, nos interlocuteurs vont de surprise en surprise. D’abord, ils apprennent que l’église est, avec le château, fleuron mondialement connu de l’architecture militaire médiévale, appartenant à l’État, le seul autre monument historique de la commune. Ensuite, ce monument classé est seulement vieux de 100 ans à peine (voir les articles de septembre et octobre 2012).Enfin, cette église n’est pas un édifice public, appartenant à la ville : elle est la propriété d’une personne morale privée, l’association diocésaine de Créteil.

Cette situation encore peu fréquente (mais appelée à se développer) est la conséquence, tout le monde le sait, de la loi de Séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905 qui obligeait l’État et les communes à garder la propriété des édifices religieux construits avant cette date, mais leur interdisait de construire de nouveaux lieux de culte – ou d’autoriser leur construction, si elle était entreprise par des organismes non habilités.

 

Intérieur de l'église Saint-Louis de Vincennes (c) CGC

 

Le pape Pie X s’étant opposé aux règles que l’État voulait imposer pour délivrer ces habilitations, l’Église eut d’abord recours à des subterfuges pour contourner ces interdictions (voir article du 29 juin 2012). Et c’est seulement en janvier 1924 que le Président du Conseil Raymond Poincaré et le nonce apostolique, Mgr Bonaventura Cerretti, se mirent d’accord sur une formule permettant à l’Église catholique d’avoir une existence dans le droit civil français sans violer ses règles propres (notamment l’obéissance aux évêques) : telle est l’origine des associations diocésaines.

Notre association AMIVALE (Association pour la MIse en VALeur de l’église Saint- Louis de Vincennes – Saint-Mandé), elle, est une association de droit commun (loi du 1er juillet 1901). Elle se range donc dans la catégorie des associations amicales qui, de manière bénévole et désintéressée, aident les propriétaires de demeures ou d’édifices privés à entretenir ou rénover leur patrimoine.

Seule petite nuance : comme il s’agit d’une église catholique, en plus du Code civil, notre église est soumise au Code de droit canonique promulgué le 25 janvier 1983 par le pape Jean-Paul II. Sur ce plan, elle est la propriété de la paroisse que le Code définit comme une « communauté hiérarchique », organisée autour de son curé. La majorité de nos membres étant des paroissiens, l’église leur appartient aussi … un peu !

 

En résumer, savoir se présenter à des services administratifs, cela veut dire :
- intéresser
- informer
- et aussi, démontrer


Pour démontrer la réalité des informations que l’on donne, notre conseil est de ne pas venir seuls, au moins pour un premier contact. La présence du Curé est extrêmement souhaitable. A défaut, celle du vice-président du conseil économique de la paroisse. La présence d’un représentant de l’association diocésaine est très opportune aussi ; en tout cas, celle-ci aura dû être clairement informée de la démarche. S’il est présent, le Curé sera le « chef de la délégation », ou sinon le représentant de l’association diocésaine.


Claude de Martel, le 19 février 2013

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« L’Association pour la mise en valeur de l'église Saint-Louis de Vincennes et Saint-Mandé » porte conjointement le projet de restauration de l'église Saint-Louis et le projet de construction de l'orgue en liaison avec la paroisse et le Diocèse de Créteil, propriétaire de l'édifice. A cet égard, une équipe de trois personnes formera le noyau des contributeurs au blog : Paul Guillaumat pour ce qui concerne l'église, son histoire et sa restauration ; Claude de Martel, Président de l'Association, pour ce qui concerne l'ingénierie des projets et leur portage associatif et François Mazouër pour le projet d'orgue et la vie culturelle associée.

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