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blog - Itinéraires italiens du sacré

Auteur : Frédéric Curnier Laroche

portrait du redacteur Après avoir tenu pendant en 2010 et 2011 le blog « Abbaye de Cluny 910-2010 » sur www.narthex.fr, le Père Frédéric Curnier-Laroche, historien de l’art et prêtre du diocèse d’Autun, se lance dans une nouvelle aventure au cœur de l’histoire de l’art sacré italien. Frédéric Curnier-Laroche est né en 1963. Historien de l'Art (Ancien élève de l'Ecole du Louvre et de la Sorbonne) il a été ordonné prêtre en 1996. Ancien curé "in solidum" de Cluny, il est le responsable de la commission diocésaine d'art sacré du diocèse d'Autun.

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SAINT JEAN-BAPTISTE vu par DESIDERIO da SETTIGNANO

Date de publication : 10/12/2011

Saint Jean-Baptiste est une figure importante et incontournable du temps de l'Avent. Alors que les textes liturgiques évoquent celui qui s'est effacé devant le Messie, voyons l'image qu'en propose un sculpteur de la Renaissance florentine.

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Saint Jean Baptiste « Martelli »
Vers 1440 et 1457
Marbre, avec traces minimes de dorures
H. 1,73m ; base : L. 0,54m ; Pr. 0,37m
Inv. Sculture 435
FLORENCE, Musée du Bargello

 

Si l’originalité de ce Baptiste adolescent, maigre et émacié, au regard illuminé et perdu correspond pleinement au génie de Donatello, la sculpture présente presque partout une finition extrême, que les œuvres de ce maître n’ont jamais. L’œuvre présente des surfaces polies parfois jusqu’à l’usure et, surtout, une lumière intérieure, presque « diaphane », du marbre, qui constituent la signature de Desiderio da Settignano. Cette sculpture semble être un exemple unique dans l’œuvre des deux maîtres et l’on peut envisager une collaboration entre eux.

 

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" Préparez le chemin du Seigneur, applanissez la route : tout homme verra le salut de Dieu " (Lc 3,4-6)

 

 

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Saint Jean Baptiste
Vers 1455
Marbre
H. 0,50m ; L. 0,38m ; Pr. 0,22m
Inv RF 679
PARIS, Musée du Louvre, département des Scuptures.

 

La représentation de saint Jean Baptiste enfant et adolescent connaît un essor remarquable à Florence à partir des années 1450. L’accent est mis sur le « naturalisme » et l’on remarquera la mise en valeur de la grande douceur du modelé du visage, avec un subtil équilibre entre une certaine rigueur des volumes se détachant dans l’espace et une souplesse sous-jacente de la surface qui adoucit la figure. Certains détails viennent renforcer l’expression, dont les deux plis partant des narines ou la fine ride sur le front qui accentue le sérieux de l’expression. Le caractère un peu étonné et fuyant de l’expression est traduit par la bouche entrouverte laissant apparaître les dents ou un regard vague donné par des yeux allongés qui laissent pourtant deviner la trace des pupilles.

 

 

 

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Jésus et Jean Baptiste enfants, dit Tondo Arconati Visconti
Vers 1455-1457
Marbre
Diam. 0,51m ; Pr. 0,06m
Inv RF 1626
PARIS, Musée du Louvre, département des Sculptures.

 

Le Christ, à gauche, se distingue de son cousin un peu plus agé par la croix placée dans son nimbe. Les Evangiles ne mentionnent aucune rencontre de Jésus enfant avec le jeune Jean Baptiste. Ce sont les « vies » du saint, de l’époque médiévale, qui ont servi de source d’inspiration pour cet épisode : le Baptiste est censé avoir rendu visite au Christ au moment de la Nativité, puis l’avoir à nouveau rencontré durant le retour d’Egypte de la Sainte Famille – à une époque où il avait déjà développé un goût précoce pour la retraite dans le désert et adopté l’habit en peau de chameau.

 

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Nous pouvons supposer que la représentation de ce tondo évoque cette deuxième rencontre. Le fait que Desiderio montre ici l’Enfant Jésus posant la main droite sur la peau de chameau de Jean Baptiste est certainement porteur de sens, comme si celui-ci attestait l’importance de cette étape dans le parcours de Jean en tant que prophète. L’art européen a si souvent montré les deux enfants ensemble que l’on a tendance à oublier que, jusqu’à l’extrême fin du XVème siècle, ce thème était presque exclusivement un sujet de l’art florentin.

La forme du tondo convient parfaitement aux scènes intimes, la forme favorisant l’unité et la concentration de la composition. Les deux visages sont transfigurés, avec la bouche ouverte et les sourcils relevés. La joie sur le visage du Christ et le respect fervent dans les traits de Jean Baptiste, timide bien que plus âgé, peuvent s’imaginer chez des enfants très bien élevés.

 

 

 

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Saint Jean Baptiste enfant
Entre 1450 et 1453
Relief en pietra serena avec des traces de polychromie
H. 0,51m ; L. 0,24m ; Pr. 0,09m
Inv. Sculture 61
FLORENCE, Musée national du Bargello

 

A l’origine, grâce à polychromie, ce relief devait ressembler aux œuvres émaillées de Luca della Robbia, sans l’éclat de l’émail. Nous retrouvons ici le naturalisme cher à l’artiste, capable de solliciter une adhésion émotionnelle et spirituelle intense. On remarque la tête légèrement disproportionnée par rapport au buste, et la frêle complexion de cet enfant, due à sa vie ascétique, mais révélatrice d’un corps en pleine croissance.

 

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