La fête de la Toussaint : A la découverte de quelques Saints méconnus...
Publié le : 28 Octobre 2012
CHRISTINE DE BOLSENA

Sante PERANDA, Le Martyre de sainte Christine - Huile sur toile - Basilique San Giovanni e Paolo, VENISE
Cette jeune fille du centre de l’Italie appartient par sa naissance à la noblesse et a vécu sans doute au IIIème siècle. La martyre commémorée sous son nom a un ancrage historique. Convertie, Christine refus de sacrifier à Apollon, brise des idoles en or et en argent, puis en distribue les débris aux pauvres. Elle est persécutée par son père qui la livre aux bourreaux. Fouettée, elle est ensuite attachée à une roue qui se brise. A l’instar de Barbe, enfermée dans une tour, elle est visitée par des anges qui lui apportent des fleurs et des fruits : ce détail met la légende de Christine en rapport avec celles de Dorothée et d’Elisabeth de Hongrie. On tente de la noyer dans le lac de Bolsène, en fixant une pierre de meule à son cou : le Christ en personne vient la sauver. Ses supplices se poursuivent avec la chaudière d’huile bouillante où on la plonge. Elle est miraculeusement protégée contre la morsure des serpents venimeux en compagnie desquels on l’enferme. Les flèches des archers sont impuissantes contre elle. La hache du bourreau clôt cette suite de supplices, en fendant le crâne de Christine.
Christine de Bolsène a un véritable double en Orient dans la personne de Christine de Tyr. La légende de cette dernière, qui n’a jamais existé, est identique à celle de son alter ego occidental.
Sainte Christine est la patronne des archers, des meuniers et des marins italiens.
DOROTHEE

Ambrogio LORENZETTI, La Vierge à l'Enfant avec sainte Marie-Madeleine et sainte Dorothée - vers 1325 - Pinacothèque Nationale, SIENA
Refusant de se marier et d’adorer les idoles, Dorothée (dont le nom signifie : Don de Dieu) est envoyée au supplice par Fabricius, gouverneur de Césarée en Cappadoce. Sur le chemin du supplice, elle rencontre Théophile, jeune juriste qui, en manière de dérision, lui demande de rapporter des pommes et des roses du jardin du paradis. Dorothée le promet. Mais voici qu’apparaît devant elle un ange, avec un panier contenant trois pommes et trois roses venues tout droit du paradis. Théophile se convertit aussitôt, et meurt en martyr.
Le culte de Dorothée s’est surtout répandu en Allemagne et en Italie, vers le XVème siècle. Elle est la patronne des fleuristes.
JULIEN L’HOSPITALIER

Agnolo di Domenico MAZZIERE, Saint Barthélemy et saint Julien l'Hospitalier - Tempera sur bois, 78 cm x 64 cm - Ashmolean Museum, OXFORD
Julien l’Hospitalier est un saint légendaire dont l’histoire a été popularisée par La Légende Dorée et, plus tard, par Gustave Flaubert (Trois contes). Alors qu’il chassait, Julien rencontre un cerf qui lui prédit qu’il sera un jour meurtrier de son père et de sa mère. Afin de fuir un tel destin, Julien s’expatrie, devient chevalier et épouse la veuve d’un riche seigneur. Ses parents, désolés de sa disparition, le recherchent et finissent par retrouver son château, un jour où il est absent. Sa femme les reçoit et les fait coucher dans le lit conjugal. A son retour, en pleine nuit, Julien trouve un couple enlacé dans son propre lit : croyant voir sa femme avec un amant, il les tue tous les deux. S’étant rendu compte de sa méprise, il se fait ermite au bord d’une rivière et aide les pèlerins à traverser. Un soir, un lépreux transi lui demande le passage et l’hospitalité. Julien l’accueille chez lui et le réchauffe dans son lit : c’est le Christ qui lui annonce qu’il est pardonné.
Julien était autrefois le patron des pèlerins, des voyageurs et des aubergistes.
PAUL ERMITE

GUERCINO (Le GUERCHIN), Saint Augustin, saint Jean-Baptiste et saint Paul Ermite - Huile sur toile - église Saint-Augustin, ROME
Considéré comme le premier ermite chrétien, Paul serait né à Thèbes en Haute-Egypte, en 229, et mort en 342 au désert, où il s’était retiré pour échapper aux persécutions de l’empereur Decius, et se consacrer à la solitude absolue. Sa vie, légendaire, est écrite par saint Jérôme et s’apparente beaucoup à celle d’Antoine le Grand. L’épisode le plus marquant en est la visite que ce dernier fait à Paul dans le désert de la Thébaïde.
Ayant appris en songe l’existence d’un anachorète qui l’a précédé dans la vie au désert, Antoine veut le connaître et, guidé par un centaure et un satyre, finit par trouver la cellule de Paul, établie près d’un palmier. D’abord méfiant, Paul finit par l’accueillir ; il partage même son repas avec cet illustre visiteur. Il explique à Antoine que depuis soixante ans un corbeau lui apporte tous les jours la moitié d’un pain. Ce jour-là, l’oiseau nourricier aorte un pain entier que les deux ermites partagent fraternellement. Ils demeurent ensemble fort longtemps, puis, un jour, Antoine prend congé de Paul. En chemin, il voit deux anges qui emportent l’âme de son ami. Il fait alors demi-tour et trouve le corps de Paul, mort dans l’attitude de la prière. Deux lions apparaissent et aident à creuser une sépulture pour le premier de tous les ermites. Il est resté au désert quatre-vingt-dix-neuf ans.



