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blog - Itinéraires italiens du sacré

Auteur : Frédéric Curnier Laroche

portrait du redacteur Après avoir tenu pendant en 2010 et 2011 le blog « Abbaye de Cluny 910-2010 » sur www.narthex.fr, le Père Frédéric Curnier-Laroche, historien de l’art et prêtre du diocèse d’Autun, se lance dans une nouvelle aventure au cœur de l’histoire de l’art sacré italien. Frédéric Curnier-Laroche est né en 1963. Historien de l'Art (Ancien élève de l'Ecole du Louvre et de la Sorbonne) il a été ordonné prêtre en 1996. Ancien curé "in solidum" de Cluny, il est le responsable de la commission diocésaine d'art sacré du diocèse d'Autun.

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MONTEPULCIANO : l'EGLISE de la MADONNA di SAN BIAGIO

Date de publication : 15/01/2012

Au coeur de la Toscane, ce sanctuaire nous rappelle le développement et l'importance du plan centré et de la coupole dans l'architecture de la Renaissance.

Découverte

 

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L'église de la Madonna di San Biagio aux pieds de MONTEPULCIANO.

 

L’église que l’on nomme ordinairement San Biagio est une église votive élevée pour abriter une image de la Vierge qui était conservée sous les ruines d’une ancienne église S. Biagio. Elle a été commencée en 1518 sur les dessins d’Antonio da Sangallo l’Ancien (frère de Giuliano et oncle d’Antonio le Jeune) et construite avec régularité : en 1529, le pape la consacrait, ce qui suppose au moins le sanctuaire réalisé ; à la mort de Sangallo, en 1534, la coupole était en cours de construction ; la lanterne fut dessinée en 1544 par Baccio d’Agnolo. Le premier campanile, à gauche de la façade, fut construit par son fils et reçut son dernier étage en 1564 ; le second, à droite, ne dépassera pas le rez-de-chaussée.

 

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 La vue d'ensemble du site, avec en arrière plan la maison canoniale, et au premier plan l'abside du bras du sanctuaire. (c) cliché : Howard Booth.

 

Le plan centré, qui s’est définitivement affirmé depuis la fin du XVème siècle pour les églises votives, est ici une croix grecque. Ainsi, cette église est une sœur de Santa Maria delle Carceri à Prato – œuvre du frère d’Antonio – avec une seule variante ici : le bras du sanctuaire est complété par une abside qui abrite une sacristie.

 

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Cela ne change rien à l’espace intérieur qui reste un carré agrandi par quatre courts bras égaux, mais à l’extérieur, cette abside distingue le sanctuaire des autres bras, de même que les campaniles carrés, calés dans les angles antérieurs, désignent la façade : contrairement aux autres églises de plan centré dont la symétrie désoriente le visiteur, cet édifice est clairement axé.

 

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Le traitement de l’élévation, au demeurant, est le même qu’à Prato, avec deux registres de pilastres superposés et des frontons triangulaires sur les pignons. La grande nouveauté est le tambour de la coupole, qui fait alterner les pilastres et les niches à la manière de Bramante.

 

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Si la conception de la structure est de pure tradition florentine, l’élévation intérieure s’inspire d’un monument du forum romain, la Basilique Aemilia, que les frères Sangallo avaient soigneusement dessinée avant qu’elle ne fût détruite dans les premières années du siècle.

 

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Antonio en a tiré non seulement le trait le plus caractéristique, qui est l’association dans tous les angles d’un pilastre et d’une colonne engagée, mais le dessin même de tous les éléments (l’ordre toscan, les rosettes des chapiteaux, la frise dorique, les fleurons dans les caissons des arcs doubleaux). On retrouve le couple pilastre-colonne à tous les niveaux du campanile.

 

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Celui-ci dérive manifestement d’un projet de Giuliano pour la façade de San Lorenzo de Florence qui présente deux campaniles dans la même position et d’un dessin presque identique. L’idée de ces campaniles aux angles vient des projets de Bramante pour Saint-Pierre. Comme son neveu Antonio le Jeune à Rome, Antonio l’Ancien à Montepulciano réalise la fusion de la tradition florentine avec l’enseignement de l’antique et de Bramante.

 

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