LA SAINTE FAMILLE par SEBASTIANO del PIOMBO
Date de publication : 17/12/2011
Nous abordons le temps de Noël et ses traditionnelles représentations avec une composition de Sebastiano del Piombo (1485-1547) qui associe la figure du Précurseur, saint Jean-Baptiste, à celles de la Sainte Famille.

Sebastiano del PIOMBO
Sainte Famille avec saint Jean Baptiste et un donateur
Huile sur toile ; 97,8 cm x 106,7 cm
Inv. 1450 ; LONDRES, National Gallery

La construction classique en pyramide du groupe central et la monumentalité des figures font penser au style de Michel-Ange et d’Andrea del Sarto. La réussite de cette composition tient dans l’habileté de l’artiste à établir des liens entre les personnages : les regards que porte le Baptiste sur Marie et l’Enfant Jésus qu’il désigne du doigt (« Voici l’Agneau de Dieu ») et ceux échangés entre Marie et le donateur. Celui que nous adresse le Christ nous invite à entrer dans cette « conversation sacrée ».

Les échanges visuels sont renforcés par la position des mains des personnages, fines et représentées grâce à un modelé détaillé et délicat.

Semblant quelque peu exclu, saint Joseph est ici représenté épuisé, abandonné au sommeil réparateur. Sebastiano reprend à son compte, avec originalité, cette tradition picturale du père nourricier de Jésus, humble et discret, souvent en retrait.

La Sainte Famille
Crayon noir et craie blanche, touches de charbon de bois et de céruse sur carton gris
210 mm x 148 mm
Inv. 5052 ; PARIS, Musée du Louvre, Département des arts Graphiques.
La Vierge est vue du côté gauche, avec le regard dirigé vers le bas, à notre droite, où se trouve le jeune Jean Baptiste représenté sommairement et sur l’épaule duquel Marie pose sa main. Il tend son bras vers l’Enfant Jésus, semblant lui offrir quelque-chose. Il demande la bénédiction du Sauveur avant de partir en mission.

A droite, on distingue une tête de femme âgée qui, à première vue, n'a pas d’importance dans la dramaturgie de la représentation. Pourtant, il pourrait s’agir de sainte Elisabeth, la mère du Baptiste, qui s’apprête à se séparer de son fils, tout comme Marie le fera, plus tard.
Cette composition, empreinte de l’influence du maniérisme et dont la composition reflète les grandes lignes des œuvres de Raphaël, sera remarquée par le Caravage qui s’en inspirera pour l’une de ses œuvres.
P. Frédéric Curnier-Laroche



