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blog - Itinéraires italiens du sacré

Auteur : Frédéric Curnier Laroche

portrait du redacteur Après avoir tenu pendant en 2010 et 2011 le blog « Abbaye de Cluny 910-2010 » sur www.narthex.fr, le Père Frédéric Curnier-Laroche, historien de l’art et prêtre du diocèse d’Autun, se lance dans une nouvelle aventure au cœur de l’histoire de l’art sacré italien. Frédéric Curnier-Laroche est né en 1963. Historien de l'Art (Ancien élève de l'Ecole du Louvre et de la Sorbonne) il a été ordonné prêtre en 1996. Ancien curé "in solidum" de Cluny, il est le responsable de la commission diocésaine d'art sacré du diocèse d'Autun.

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De l'OMBRE à la LUMIERE

Date de publication : 06/10/2011

A l’occasion de son 20ème anniversaire, le Musée de la Visitation de Moulins propose une nouvelle exposition thématique consacrée à la diversité des dons reçus par les visitandines. La lumière est faite sur des objets inédits aux origines royales et prestigieuses mais aussi plus modestes. Arrêtons-nous sur quelques objets et lieux d'Italie en lien avec cet ordre fondé par François de Sales et Jeanne de Chantal.

Exposition

 

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Francesco VELLANI, François de Sales, Jeanne de Chantal, Vincent de Paul sous le ragard de saint Augustin - 1752 - Huile sur toile - Visitation de MODENE, puis de BAGGIOVARA - (c) Cliché Mauro BALLOTTI

 

La Visitation est un ordre contemplatif fondé en 1610 qui a pour but de donner à Dieu "des filles d'oraison, sans grandes austérités, ni grands offices", les fondateurs prônant le détachement joyeux de toutes ces choses. Saint François de Sales a choisi ce mystère joyeux du Rosaire pour nommer la congrégation qu'il souhaitait fonder : Rapportée par saint Luc dans son évangile, cette “visite” est placée sous le signe de la rencontre, de la charité et de l'accueil :

- Rencontre d’Elisabeth avec sa cousine qui reconnaît en Marie "celle qui est benie entre toutes les femmes", et rencontre de deux enfants cachés dans le ventre de leur mère : Jean-Baptiste et Jésus.

- Charité de Marie qui "se rend en hâte" chez sa cousine et charité d’Elisabeth qui l’accueille pendant trois mois.

- Accueil que Dieu réserve à la Vie et à l’Humanité "qui tressaille d'allégresse dans le sein de sa mère". Accueil de Dieu par l’Homme représenté par celui dont Jésus dira "parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgit de plus grand".

 

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Giovanni Antonio CAPPELLO, La Sainte Trinité - 1715 - Fresque - Chapelle de l'ancienne Visitation de SALO - (c) Cliché Augusto RIZZA. 

 

Pour saint François de Sales, la Visitation signifie aussi, la visite des pauvres et des malades,  quelques heures par jour et à tour de rôle. Mais la rigueur de la Réforme catholique en France en a voulu autrement et dès 1615 sur la demande de l’archevêque de Lyon, Mgr de Marquemont, la Visitation devient un ordre cloîtré quand il s’installe dans sa cité. Dès lors, le caractère caché de cette rencontre devient l’un des fondements de vie des visitandines. Le développement de cette congrégation fut considérable au XVIIe siècle en France, au XVIIIe siècle en Europe, au XIXe siècle en Amérique. Ainsi les monastères de l’ordre de la Visitation sont présents dans le Monde entier. L’ordre est très actif en Afrique et en Amérique du Sud.

 

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Francesco MARATTA, dit le Padouan, Saint François de Sales écrivant les Constitutions de l'Ordre de la Visitation - vers 1710 - Marbre - Visitation de ROME - (c) Cliché Monastère de la Visitation de Rome

 

FRANCOIS DE SALES

 

Noble, universitaire appelé à une prestigieuse carrière à la Cour de Savoie, il choisit la prêtrise et accepte l’impossible : convertir au catholicisme le Chablais (nord de la Savoie) pourtant gagné à la cause de Calvin qui vit à Genève. Durant cette période de violence due aux guerres de religion, lui choisit la voie de la douceur. Il invente “les tracts” qu’il glisse sous les portes le soir pour semer le doute dans les cœurs protestants. Il récoltera beaucoup de conversions en quelques semaines sans l’aide d’aucune armée.

Guide spirituel, il écrit beaucoup, conseille, exhorte. Auteur de génie, ses oeuvres dont le Traité de l'amour de Dieu et l'Introduction à la vie dévote seront traduites dans toutes les langues. Il laisse, par ailleurs, une œuvre épistolaire considérable qui lui valut le titre de Docteur de l’Eglise, celui de saint Patron des journalistes.

Son affabilité et sa douceur le conduiront en mission diplomatique auprès d’Henri IV, roi de France, qui, devenu son ami, lui proposera l’archevêché de Paris. Il fera la rencontre des plus grands, Mme Acarie, saint Vincent de Paul, Mgr de Retz, Mgr Camus, le cardinal de Bérulle, les ducs de Savoie…  Mais la plus grande force de son message est de prêcher la sainteté pour tous. Il explique que la sainteté est possible dans le monde sans avoir à rentrer dans les ordres. Pour les vocations religieuses, il crée un ordre ouvert à toutes, y compris à celles qui étaient exclues des grands ordres de l’époque, notamment les veuves et les femmes de faible constitution.  

Dans un XVIIème siècle emprunt de violence, de pessimisme, de renouveau ecclésial, d’effervescence mystique, de bouillonnement intellectuel, l’évêque de Genève fut prophète de l’amour, et un incomparable maître spirituel. Béatifié en 1662, canonisé en 1665, il est déclaré docteur de l’Eglise en 1877.

 

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Apothéose de saint François de Sales, détail d'un pluvial - XIXème siècle - Moire, soie, fils d'or et d'argent - Visitation de SAN REMO - (c) Cliché Monastère de San Remo.

 

JEANNE DE CHANTAL

 

Sa sainteté est inscrite dans son humanité et sa féminité, puisqu’elle eut la joie d’être épouse, mère de famille, religieuse, supérieure de couvent, fondatrice de monastère et guide spirituelle. C'est à ce titre qu'elle est la Sainte patronne des vocations féminines.

Douée d’un grand discernement, elle se donna entièrement à Dieu tout en gérant chaque jour les responsabilités qui lui étaient confiées, n’hésitant pas à tenir tête aux grands de ce monde et aux évêques, lorsque ces derniers intervenaient trop dans la vie d’un monastère. Elle suit à distance les travaux de construction des monastères s’assurant qu’ils sont conformes au plan de l’ordre.

Elle réussit, à organiser et à suivre sur une période de 30 ans la fondation de 87 monastères, d’Annecy au Croisic et de Metz à Bayonne, en passant par la Suisse, le Piémont, visitant la plupart, écrivant à tous, à une époque où il fallait deux à trois semaines pour rallier Annecy à Paris. Elle meurt le 13 décembre 1641 à Moulins, où elle était venue rencontrer une nouvelle postulante : Marie-Félice Orsini, duchesse de Montmorency, en résidence surveillée à Moulins sur ordre du Roi. Béatifiée en 1751, elle est canonisée en 1767.

 

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Marcantonio FRANCESCHINI, La Visitation, tableau du retable - 1715 - Huile sur toile ; Giovanni Antonio BIASIO, dit Cantone, Baladaquin du tabernacle - 1726 - Marbre - Chapelle de l'ancienne Visitation de SALO - (c) Cliché Augusto RIZZA

 

La Visitation et l'Italie

 

Plusieurs communautés visitandines se sont installées en Italie. Certaines d'entre elles sont représentées à travers les oeuvres exposées à Moulins.  

 

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Devant d'autel (détail) - fin XIXème siècle - Visitation de PIGNEROLE - (c) Cliché FCL

 

 

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 Reliquaire - XVIIIème siècle - Argent, écaill de tortue, velours, bois, verre - Visitation de SALO - (c) Cliché Jean-Marc TEISSONNIER, Ville de MOULINS.

 

 

 

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 Voile de calice offert par la princesse de Savoie (détail) - XVIIIème siècle - Visitation de GÊNES, puis de CHIAVARI - (c) Cliché FCL

 

Le monograme IHS, ici richement brodé, est l'un des plus anciens symboles chrétiens. On peut le traduire de deux manières : Iesus Hominum Salvator (Jésus Sauveur des Hommes) ; Iesus, Homo, Salvator (Jésus, Homme, Sauveur).

 

 

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Cingule confectionnée par Jeanne de Chantal pour François de Sales - début du XVIIème siècle - Coton - Visitation de MODENE, puis de BAGGIOVARA - (c) Cliché Jérôme MONDIERE.

 

 

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 Soeur Marie-Céleste CASTELLI, Pélican s'offrant à ses petits - 1895 - Bois, soie, velour, tissus, ouate, papier, fils d'or, verroterie - Visitation de PIGNEROLE - (c) Cliché FCL

 

Cette oeuvre, délicate et émouvante, renvoie à un symbole utilisé pour évoquer le sacrement de l'Eucharistie et le sacrifice du Christ. Selon une légende, le pélican, ne pouvant plus trouver de nourriture pour ses petits, en arrive à leur donner de sa propre chair pour qu'ils survivent. Le bestiaire paléochrétien établit la relation entre cet acte et celui du Christ : il donne sa chair pour ses enfants et les conduire à la vie éternelle. Par extension, cette représentation évoque la Charité et la dévotion filiale. Vous pouvez retrouver une telle représentation sur des ornements liturgiques et sur des portes de tabernacles.

On peut aussi distinguer, associée aux figures principales, la présence de grappes de raisin et d'épis de blé, renvoyant au pain et au vin consacrés au cours de l'Eucharistie ; ainsi que le Coeur sacré de Jésus placé au centre de la croix - ornée des instruments de la Passion- sous laquelle s'abritent les pélicans.

 

 

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A lire également sur le site de Narthex - l'actualité  "De l’ombre à la lumière – Mécénats et dons précieux au musée de la Visitation

 

Mécénat et dons précieux à la Visitation, De l'Ombre à la Lumière

Exposition présentée jusqu’au 24 décembre 2011

Hotel Demoret - 83, rue d’Allier à Moulins (03)

Du mardi au samedi de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00

Le dimanche et jours fériés de 15h00 à 18h00

Entrée gratuite tous les jours

Commissaires de l’exposition : Gérard Picaud, administrateur des collections du musée de la Visitation et Jean Foisselon, vice-président du musée de la Visitation.

Visites guidées possibles sur réservation au 04 70 44 39 03

Renseignements : 04 70 48 01 36 et sur www.musee-visitation.eu

 

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 L'une des salles de l'exposition - (c) FCL