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blog - Itinéraires italiens du sacré

Auteur : Frédéric Curnier Laroche

portrait du redacteur Après avoir tenu pendant en 2010 et 2011 le blog « Abbaye de Cluny 910-2010 » sur www.narthex.fr, le Père Frédéric Curnier-Laroche, historien de l’art et prêtre du diocèse d’Autun, se lance dans une nouvelle aventure au cœur de l’histoire de l’art sacré italien. Frédéric Curnier-Laroche est né en 1963. Historien de l'Art (Ancien élève de l'Ecole du Louvre et de la Sorbonne) il a été ordonné prêtre en 1996. Ancien curé "in solidum" de Cluny, il est le responsable de la commission diocésaine d'art sacré du diocèse d'Autun.

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BARI et TRANI

Date de publication : 01/12/2011

Sur les bords de la mer Adriatique, dans les Pouilles, partons à la découverte de sanctuaires dédiés à deux saints Nicolas...

Découverte

 

 

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La cathédrale de TRANI

 

C'est la structure basilicale qui servit de schéma de base pour l'importante église de pèlerinage de Saint-Nicolas de Bari. En 1071, cette ville fut prise par les normands et sa chute signifia la fin de l'autorité byzantine en Italie. Peu après, en 1087, certains de ses marins réussirent à enlever à Myra, en Asie Mineure, les relique de saint Nicolas (à la barbe des Vénitiens qui se préparaient au même larcin...). On décida d'élever une église spécialement destinée à lui servir de reliquaire.

 

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La construction fut confiée à l'abbé Hélie, qui était à la tête du monastère bénédictin tout proche, et qui devint en 1089 évêque de Bari. La consécration eut lieu en 1196. La principale originalité de l'église résulte - comme à Trani - de la présence d'un transept continu, peu saillant, mais extrêmement élevé, sur lequel sont greffés une abside et deux absidioles, elles aussi portées à une grande hauteur. Les hémicycles ne sont pas visibles à l'extérieur, car ils disparaissent derrière l'écran d'un vaste mur

 

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Le transept était continu à l'origine, car, par la suite, on l'a fractionné en trois parties en lançant les grandes arcades de la croisée sur lesquelles devaient s'élever une coupole (qui fut peut-être construite et qui se serait écroulée lors du séisme du 30 décembre 1456 qui ébranla sérieusement l'édifice.

 

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D'une hauteur impressionnante, mais relativement étroite, la nef présente une élévation à trois niveaux : les grandes arcades, des tribunes aux vastes baies tripartites et des fenêtres hautes d'ampleur limitée. On retrouve dans les supports un type d'alternance fréquemment utilisé dans les édifices ottoniens et romans de Saxe : les deux séries de trois arcades sur colonnes du rez-de-chaussée sont séparées par un pilier rectangulaire flanqué de colonnes. seuls les larges collatéraux sont voûtés d'arêtes, la nef et les tribunes étant couvertes en charpente, comme le transept. Le tremblement de terre de 1456, on dut étrésillonner les murs en bandant dans la partie occidentale de la nef trois grands arcs surbaissés.

 

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La nef est séparée du transept par un portique formé de trois arcades (dispositif qui n'est pas sans évoquer l'iconostase des églises byzantines), qui marquait aussi la limite du choeur monastique au centre duquel se trouve l'autel surmonté d'un imposant cyborium, délicatement ouvragé (on notera la délicatesse des fines colonnettes et des chapiteaux).

 

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La façade, haute muraille nue, régulièrement percée de fenêtres, est surmontée d'un pignon triangulaire et flanquée de deux tours. Celles-ci ne se trouvent pas dans l'axe des collatéraux, comme il est de règle pour les façades harmoniques, mais rejetées aux angles, ce qui supprima la possibilité de placer entre elles un narthex. Les trois portails donnant accès à l'église ouvrent ainsi de plain-pied dans la nef.

 

 

 

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La cathédrale San Nicola de Trani 

 

Edifiée en l'honneur de saint Nicolas pèlerin, la cathédrale de Trani, commencée en 1098, année de la canonisation du saint, fut achevée en 1143. Le saint patron de Trani ne doit pas être confondu avec celui de Bari. Il s'agit d'un jeune pèlerin grec qui se rendit auprès de tous les sites sacrés de Grèce, de Dalmatie et de la côte adriatique italienne en portant une croix sur ses épaules et en chantant le Kyrie Eleison. Il mourut non loin de Santa Maria, la première cathédrale de Trani. C'est l'archevêque Bizansio qui fonda ce nouvel édifice sur le site de la précédente cathédrale datant du IXème siècle.

 

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Sous l'ensemble de ce complexe, les Tranisiens aménagèrent une nouvelle crypte, immense, sans doute à l'origine des doubles églises qui apparurent plus tard, répondant à la nécessité d'accueillir un grand nombre de pèlerins sans troubler les célébrations liturgiques. 

 

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La cathédrale de Trani comporte suffisamment d'analogies avec la basilique San Nicola de Bari pour laisser penser qu'une école d'architecture apulienne se développa dans la région. La façade occidentale s'éloigne toutefois de l'exemple de Bari en offrant une surface murale plane, sans renforcement des pilastres qui, à Bari, scandent la composition. Ici, le seule structure rythmique est constituée par l'entrée de l'édifice, où une version comprimée et large du porche toscan encadre trois portails, au-dessus d'un monumental double escalier.

 

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 L'élévation extérieure du transept et des absides - (c) cliché Mariangela Cafagna

La composition à une tour de Trani est particulièrement bien adaptée au site : il n'est contrebalancé que par la mer Adriatique qui reflète la pierre blanche lumineuse et les proportions élégantes de la cathédrale. L'immense transept vertical, avec ses grandes et hautes absides extérieures s'élevant le long des deux niveaux, relie symboliquement la nef et la crypte à l'ancien et au nouveau culte célébrés dans cette église. 

 

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Etablie sur un plan croix latine, la cathédrale est divisée en trois nefs séparées par deux rangées de colonnes géminées. Les tribunes s'ouvrent sur le vaisseau central grâce à des arcs trilobés. La nef principale et le transept sont couverts d'une charpente à chevrons apparents, tandis que les deux bas-côtés sont couverts de voûtes d'arêtes. L'ensemble inspire une impression de majesté et de grandeur, accentuées par l'arc triomphal qui surmonte l'accès au transept et aux absides.

 

 
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La Crypte Saint-Nicolas pèlerin - XIIème siècle - (c) cliché Ariano Irpino
 
 

La crypte, dédiée à saint Nicolas pèlerin, fut terminée en 1142 et se compose de 42 croisées soutenues par 28 colonnes de marbre.

 

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 Fragment de mosaïque (Adam et Eve) - XIIème siècle - Faisant peut-être partie du premier pavement signé du prêtre Pantaleone

 

 

Renseignements pratiques

Rome - Bari : 430 km  -  Naples - Bari : 263 km  -  Bari - Trani : 52 km  - Aéroport de Bari à 11km de la ville. Liaison féroviaire à partir de Rome et de Naples. Autoroutes A16/E842 ; A14/E55.

P. Frédéric Curnier-Laroche
Le 1er décembre