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"Aime ton ennemi" : l'oeuvre de Bjørn Nørgaard pour Christianskirken (DK, 2007)

Publié le : 7 Juillet 2010
C'est au terme de longues années de travail que le 29 décembre 2007 a été inauguré, en présence de la reine, le travail exécuté par le danois Bjørn Nørgaard dans l'église de Christian à Fredericia. L'artiste, connu pour ses actions radicales dans les années 1960 et 70, a réalisé 32 vitraux et un retable d'autel, un ensemble intitulé « Tu dois aimer ton ennemi » ; un challenge non seulement pour le monde religieux et pour celui de l'art contemporain, mais aussi pour chacun d'entre nous...

 

L'intérieur de l'église de Christian (Christianskirken) à Fredericia - vue vers le mur du chevet avec ses nouveaux vitraux et le retable d'autel

© Michael Westerman (source pour toutes les images : www.elskdinfjende.dk)

 

 

1- Bjørn Nørgaard : un grand personnage de l’art contemporain danois


A 53 ans, Bjørn Nørgaard est un artiste incontournable de la scène artistique danoise. Il a débuté au milieu des années 1960, non pas à l’Ecole des Beaux-arts, mais parmi les membres de l’alternative « Eks-skolen », « l’Ecole d’art expérimentale » créée et gérée principalement par des artistes, à Copenhague. Dès 1969 Nørgaard « se fait un nom » sur la scène artistique mais aussi auprès du grand public en réalisant avec Lene Adler Petersen une action pendant laquelle la jeune femme, nue et tenant une grande croix, traversa une salle remplie de traders. Une provocante allusion l’expulsion des marchands du temple par Jésus. Quelques mois plus tard, Bjørn Nørgaard fait de nouveau couler l’encre autour de son action intitulée Le sacrifice d’un cheval [Hesteofringen] dans un champ près de l’église de Kirke Hyllinge. Le titre de cette performance est transparent : le sacrifice rituel du cheval fut bien réel, l’artiste disséquant ensuite l’animal pour conserver les différents morceaux dans des bocaux de formol, aujourd’hui exposés au musée d’art contemporain d’Aarhus (AROS). Faisant référence aux traditions préchrétiennes (les sacrifices de chevaux étaient fréquents chez les Vikings) et vétérotestamentaires, Nørgaard envisage cette action comme une réaction contre « l’idéologie qui veut que la vision du monde rationnelle soit la seule vérité, et que les actions mystiques et irrationnelles soient louches, absurdes et dangereuses »1.
 

Vingt ans plus tard, c’est le même artiste qui se voit confier la réalisation de tapisseries sur l’histoire du Danemark, destinées à orner la salle de réception du château de Christiansborg à Copenhague ; un cadeau pour les 70 ans de la reine du Danemark, Margrethe. Cet ensemble de tapisseries, achevés en 2000 est remarquable. Entre temps, Nørgaard a également réalisé un nombre impressionnant de commandes publiques : ses sculptures et monuments sont visibles dans de nombreuses villes danoises, telles la « Tour de Thor » à Høje Tåstrup dans la banlieue de Copenhague (1986) et la sculpture en hommage à H. C. Andersen à Odense (2005). On peut dès lors affirmer que Bjørn Nørgaard a su échapper à tout enfermement dans une catégorie précise de la scène artistique et culturelle ; il est avant tout un grand artiste et à ce titre, il semble bien que n’importe quelle tâche artistique de qualité puisse lui être confiée. C’est à ce titre que le conseil paroissial de Christianskirken est venu chercher Nørgaard en 2000 pour lui proposer de réaliser la décoration du lieu religieux.


Les vitraux et le retable de Christianskirken - église luthérienne appartenant à l'Eglise d'Etat - ne constituent pas la première réalisation en contexte religieux à laquelle Nørgaard s’attèle. En effet, quelques années auparavant, le conseil paroissial de l’église de Knebel (dans la commune de Mols) avait consulté le « Comité pour l’art d’église » national (Udvalget for Kirkekunst), afin de trouver un artiste qui se chargerait de créer un nouveau retable d’autel. Le comité proposa trois artistes parmi lesquels Nørgaard et après une discussion avec le conseil paroissial et la réalisation d’une esquisse, c’est lui qui remporta la commande. Ce choix – qui pouvait être considéré comme une prise de risque étant donné le « passé » de l’artiste – s’est révélé tout à fait judicieux : le retable de Nørgaard s’intègre naturellement dans cette église médiévale, tout en était résolument moderne (vue d'ensemble et détail).

 

 

2- Un processus long et enrichissant

 

 
A gauche : Christianskirken, Fredericia, vue du mur du chevet avant la nouvelle décoration réalisée par Nørgaard. © Mads Flummer
A droite : vue de l’entrée de l’église, située à l’ouest
© Mads Flummer 

 

  • A l’origine de la commande…

Christianskirken est une vaste église construite dans les années 1960, conçue par l’architecte Ib Zachariassen. Le retable d’autel avait été réalisé, avec très peu de moyens, par l’artiste Bent Exner en 1972. Au début du nouveau millénaire, le conseil paroissial engage des discussions autour du réaménagement nécessaire du mur du chevet en raison d’un problème de lumière. De plus, nombreux étaient ceux qui avait exprimé le souhait d’avoir une décoration plus monumentale pour souligner l’autel. Face à cette situation, deux artistes ont été sollicité – l’islandais Tróndur Patursson2 et Bjørn Nørgaard – et ce sont les vitraux esquissés par ce dernier qui ont remporté les suffrages de la paroisse. L’artiste proposait davantage qu’une simple décoration et c’est bien là ce qui a séduit le conseil paroissial : « c’était motivant de savoir qu’une œuvre d’art signifiante pouvait être créée qui, en faisant appel aux récits bibliques centraux, aurait une signification à la fois pour l’église et la société environnante. […] Par le passé, les périodes historiques ont laissé de magnifiques contributions qui enrichissent notre temps. Nous avons aussi la responsabilité de créer des valeurs culturelles essentielles pour les générations à venir. Quand nous avons vu le projet tel qu’esquissé par Bjørn Nørgaard, nous avons senti de façon évidente que reposait là le germe d’une grande création artistique »3. Avec un tel choix, les paroissiens pouvaient être certains que les œuvres à venir ne seraient pas une simple décoration embellissant l’espace liturgique, ni un art au service d’une idéologie ou d’une foi sans doute ; mais bien davantage des œuvres qui « vont inquiéter ceux qui sont sûrs dans leur foi ou leur superstition »4, car pour Nørgaard le doute est une condition fondamentale de l’expérience humaine.

Album photo en ligne avec les esquisses réalisées par l’artiste

 

  • Financement

Etant donné que le conseil paroissial ne souhaitait pas utiliser l’argent provenant de l’impôt payé à l’Eglise par ses membres (kirkeskat), de peur de voir ses choix artistiques critiqués et d’être accusé de dépenser l’argent public à tort et à travers, le budget a été très serré. Ce sont donc des financements privés qui ont été trouvés. Un comité a été créé qui s’occupait uniquement des affaires liées à la décoration du mur du chevet et à la réalisation du retable, avec à sa tête Torben Venndt, membre du conseil paroissial de Christianskirken et responsable de l’art au sein de la paroisse. En janvier 2004 une conférence de presse a rendu le projet public et un appel à contribution est alors lancé à l’attention du grand public et des entreprises locales. Egalement dans l’optique de rassembler des fonds, Nørgaard a produit et vendu 250 exemplaires d’une lithographie spécialement créée et intitulée L’Ancien pacte – Le Nouveau pacte (2004). De plus, le projet a reçu le soutien de la reine qui le subventionne par l’intermédiaire de la « Fondation de la reine Margrethe et du prince Henrik » (Dronning Margrethe og Prins Henriks Fond). Ce choix financier aura finalement permis d’impliquer un grand nombre de personnes dans le projet qui s’est alors transformé en une aventure populaire5. Au total, le projet de décoration aura coûté environ 3,5 millions de couronnes danoises (environ 470000 €).

 

  • Le thème

Avant de présenter les œuvres, il est nécessaire de mentionner le thème sous l’égide duquel les différentes œuvres sont ici rassemblées ; un thème qui n’est pas dénué de provocation : « Tu dois aimer ton ennemi ». Comme l’explique l’artiste dans un entretien avec Marie Vinther : « le concept réel du Christianisme est universel et par conséquent j’ai donné à l’installation le message d’aimer son ennemi […]. Je voulais l’utiliser comme titre pour l’installation parce que ce que nous faisons contre les demandeurs d’asile chez nous, nous le faisons – selon Jésus – contre Dieu et nous devrions être conscients de cela »6 Son œuvre en milieu sacré ne doit pas être une exception : comme nombre de ses œuvres, elle s’inscrit dans le contexte social et politique qui touche l’artiste, notamment ici la manière dont les immigrés et les demandeurs d’asile sont parfois traités par le Danemark, et donc la manière dont nous recevons l’autre. La décoration religieuse porte alors un message qui a la capacité de transcender le contexte religieux pour adresser à tous, chrétiens ou non, le défi reposant au cœur de la religion chrétienne. Le maire de Fredericia – la commune dans laquelle se trouve Christianskirken – exporte d’ailleurs ce principe chrétien à la vie en communauté au-delà de la paroisse : dans une démocratie on se doit également d’aimer et de respecter ses ennemis7. Pour l’évêque du diocèse de Haderslev, Niels Henrik Arendt, le message mis en avant par l’artiste à travers ses œuvres nous rappelle à notre connexion avec les autres êtres humains, qui existe au-delà des différences et il évoque justement « que Dieu est allé au-delà de toutes les frontières, qu’il a traversé les fossés vers ceux qui avaient fait de lui leur ennemi »8. Ce thème, dans la création de Nørgaard ne doit pas surprendre ; déjà en 1970, dans le cadre du sacrifice équin, il écrivait : « L’amour est le seul vrai rapport entre les hommes »9. Et presque quarante ans plus tard, il confiait que ce qui est crucial pour lui dans le christianisme « est le concept d’amour. Le message sur l’amour est ce qui lie le monde ensemble. […] L’amour est la condition de base fondamentale dans la vie et dans la manière dont nous nous conduisons envers les autres et envers Dieu »10.

 

Le travail de Nørgaard dans l’église de Christian peut être divisé en deux ensembles, qui représentent deux manières différentes de créer avec la lumière : d’une part les vitraux qui ornent le mur du chevet et tamisent, tout en la colorant, la lumière venant de l’est, et d’autre part l’imposant retable d’autel couvert d’une feuille d’or, réfléchissant la lumière d’une manière différente, illuminant ainsi le chœur où se trouve l’autel.

 

          

Ci-dessus, à gauche : "L'ascension"  - à droite : "Le combat de Jacob avec l'ange"

© Michael Westerman

 
3- Les vitraux   (maître-verrier : Per Steen Hebsgaard)


A l’approche de la commande, Nørgaard s’est plongé dans la Bible pour y trouver l’inspiration nécessaire pour les vitraux figuratifs. Il a choisi un programme iconographique construit de manière typologique, c'est-à-dire qu’aux épisodes de Nouveau Testament (à droite) répondent des épisodes de l’Ancien Testament (à gauche).

 

Ci-dessous : tableau montrant la répartition des vitraux du mur du chevet et le programme iconographique (les titres sont des liens vers des photographies des vitraux)

* = vitraux aux motifs ornementaux, abstraits

 

      *1. Dieu Créateur2. La Trinité    *  
   *7. Sodome et Gomorrhe5. La tour de Babel3. Moïse avec les tables de la Loi4. Le sermon sur la montagne6. Le miracle de la Pentecôte8. L'expulsion des marchands    *
15. Le combat de Jacob13. Joseph et ses frères11. Abraham et Isaac9. Adam et Eve10. Le baptême du Christ 12. Via Dolorosa14. Ascension16. La tentation du Christ
21. La manne19. Jonas et la baleine17. Job     *        *18. Le bon samaritain20. Lazare  22. La multiplication des pains
23. L'arche de Noé    *          *24. L'orage sur la mer

 

 

Ainsi, au Dieu créateur de la Genèse répond le principe de la Trinité, unissant Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit. Adam et Eve sont représentés tenant la pomme dans l’épisode du pêché originel, sans lequel la venue du Christ et son baptême par Jean-Baptiste n’auraient pas eu raison d’être ; les deux histoires bibliques sont donc représentées en vis-à-vis. Le miracle de la Pentecôte quant à lui est placé en écho au récit vétérotestamentaire de la tour de Babel… et ainsi de suite, le tout formant un ensemble de 24 vitraux figuratif (12 couples typologiques) accompagnés de 8 vitraux abstraits et ornementaux. Dans ses choix iconographiques, Nørgaard a veillé à ce que le spectateur – croyant ou non – se trouve face à un vaste nombre de thèmes menant à diverses réflexions aux résonances existentielles : le miracle, le sacrifice ultime et la confiance absolue, la loi et l’obéissance, la trahison, la tentation, l’avidité, le doute, l’utopie…

 

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Ci-dessus, à gauche : "Via Dolorosa" - à droite : "Lazare" © Michael Westerman


Au niveau formel, Nørgaard a du, en quelque sorte, « se plier » à la forme extrêmement étroite et toute en verticalité des fenêtres ; comment, par exemple, représenter la Passion, comment faire rentrer la croix et le Christ dans un espace si exigu ? Dans le vitrail intitulé « Via Dolorosa » (No. 12 sur le schéma, image ci-dessus), la croix est transparente, simplement évoquée dans sa forme la plus simple, et les mains de Jésus sont placées dans une position qui nous amène à penser qu’il porte cette croix et qu’il est donc sur le chemin du Golgotha.

 

Nørgaard a tenu à représenter la résurrection de Lazare (image ci-dessus), celui-ci étant « important parce que c’est avec lui que Jésus rompt le cycle naturel de la vie. Et c’est déroutant. […] les miracles sont un concept étrange pour l’homme moderne. Que signifient exactement les miracles ? […] Je [les] interprète comme un rappel qu’il ne faut pas abandonner »11. Dans la représentation qu’il en donne, on voit d’étonnantes bulles qui ceignent les visages des deux personnages, comme si elles étaient la matérialisation de la transmission d’une énergie, divine, miraculeuse : depuis le ciel vers le Christ en bleu, et de la bouche ouverte et de la main levée du Christ vers Lazare en rose. Dans le coin inférieur gauche coule à leurs pieds un filet d’eau, élément de renaissance.

 


4- Le retable doré
 

Pour le retable d’autel quoi de plus pertinent qu’une représentation de la Cène ? Cet épisode biblique instituant l’Eucharistie, rite central de la liturgie chrétienne qui se déroule sur l’autel, se donne donc à voir juste derrière l’autel. Nørgaard a réalisé un relief massif, couvert d’une feuille d’or qui s’étend en longueur, comme une réponse formelle à la verticalité des vitraux qui ornent le mur du chevet et surplombent le relief.

 

Ci-dessus et ci-dessous : Le retable doré © Michael Westerman


Le relief est constitué de telle sorte que le pan de table surgit littéralement vers le spectateur, tout comme les verres et les assiettes, posés sur la table. Jésus est représenté au centre, tenant dans la main droite un verre transparent qui peut véritablement être rempli de vin et dans la gauche une miche de pain – véritable elle aussi. Cette relation on ne peut plus concrète entre les actes du prêtre pendant l’Eucharistie et l’image renforce le lien entre la communauté chrétienne qui participe au service et les personnages de la Cène dont ils répètent les actes.


A la gauche du Christ sont attablés six hommes et à sa droite – une fois n’est pas coutume ? – sont installées six femmes. Les hommes sont au nord et les femmes au sud, un rappel peut-être à la coutume selon laquelle certaines églises médiévales étaient pourvues de deux portes, l’une au sud pour les femmes et l’autre au nord pour les hommes. L’originalité du retable créé par Nørgaard consiste donc à introduire dans l’iconographie de la Cène une part féminine, sur un pied d’égalité avec les hommes12. Pour l’artiste, « il est clair que dans les sermons du Christ les hommes et les femmes sont égaux, et par conséquent, dans la représentation de la Cène aujourd’hui il doit y avoir égalité entre hommes et femmes »13. Comme l’exprime l’historienne de l’art danoise, spécialiste de l’iconographie chrétienne, Lisbeth Smedegaard Andersen : « la consistance est pour les petits esprits »14 et en effet, l’iconographie ne se doit-elle pas d’évoluer dans une certaine accordance – si ce n’est en total accord – avec son temps ? Les choix iconographiques de Nørgaard s’enracinent dans la tradition chrétienne, mais ils ne sont pas pour autant conservateurs car l’artiste demeure à chaque instant conscient que ses images s’adressent aux hommes et femmes d’aujourd’hui ; il a donc « adapté » l’iconographie de la Cène à la société d’aujourd’hui et au message qu’il désire transmettre : l’égalité et l’amour sans limite.

 

Une vue d'ensemble des 32 vitraux (B. Nørgaard et Per Steen Hebsgaard), Christianskirken, Fredericia, achevés en 2007 © Michael Westerman (source : www.elskdinfjende)

 


5- Un nouveau souffle pour cette église


Børge Munk Povlsen, prêtre à Christianskirken et doyen des paroisses de Fredericia à l’époque de la réalisation de la décoration considère celle-ci comme un « nouveau souffle » ; il évoque également comment ces nouvelles images qui emplissent le chœur de l’église peuvent pour les paroissiens prendre le relais des mots qu’il prononce pendant le sermon et qui parfois peuvent être ardus à comprendre… Il imagine aussi « qu’il y aura des dimanches pendant lesquels mots et images vont vers une unité plus grande et se complètent. […] Je m’imagine des services religieux pendant lesquels le prêtre et la communauté pénètrent ensemble dans les grandes images ; pendant lesquels les mots et les récits nous entrainent dans un voyage à travers le temps, où nous faisons ensemble l’expérience d’être une part de l’histoire »15. Quant à l’artiste il parle d’une expérience merveilleuse que celle de pouvoir travailler en dialogue avec une paroisse, « ce n’est pas certain que ceux qui voient l’ornementation de cette église la percoivent comme harmonieuse. Souvent ils la percevront comme mauvaise, mais c’est une règle, l’œuvre d’art, l’architecture et la fonction [du lieu] vont graduellement grandir ensemble, au fil du temps »16. Evoquant la cérémonie de consécration de la sculpture qu’il avait réalisée pour l’autel de l’église de Knebel (2001), avant le travail pour Christianskirken, Nørgaard exprime sa fascination lors de ce rituel : « Au moment même où [l’évêque] consacrait [la sculpture], elle était extraite du monde de la sculpture pour pénétrer dans un tout autre monde »17, un processus qui change irrémédiablement l’œuvre…

 

Caroline Levisse

7 juillet 2010

 

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Sources :
- Torben Venndt (dir. ), Du skal elske din fjende, Christianskirken, Fredericia, 2008, 144 p.
- Henrik Juul Jensen, Bjørn Nørgaard. En billedhuggers verden, Politikens forlag, Copenhague, 2007
- Marie Vinther, Bjørn Nørgaard. Troen er håben – Tvilen vilkåret, Lemvig, Museet for religiøs kunst, 2008 ; publié en lien avec l’exposition consacrée à Bjørn Nørgaard et sa relation à la religion, au musée d’art religieux de Lemvig, juin-août 2007

- Site internet consacré à cette commande religieuse :  http://www.elskdinfjende.dk/index.php

- Site internet de Bjørn Nørgaard : http://bjoernnoergaard.dk/da/home

 > La Galerie nationale (Statens Museum for Kunst), Copenhague, propose jusqu'au 24 octobre 2010 une exposition rétrospective consacrée à Bjørn Nørgaard

 

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Notes

1. Bjørn Nørgaard, « En rituel dissektion », in Arkitektur og billedkunst, No 1, 1970, p. 7 (traduit. du danois)
2. Tróndur Patursson a déjà réalisé des commandes religieuses au Danemark, par exemple en 2000 pour l’église de Tornbjerg, à Odense. Voir des exemples de ces réalisations en milieu sacré sur le site : http://www.trondurpatursson.dk/Patursson_Kirkeudsm.htm (textes en danois)
3. Torben Venndt, in Du skal elske din fjende, Christianskirken, Fredericia, 2008, p. 111, trad. du danois
4. Otto Herskind Jørgensen, ”Kan man else sin fjende?”, in Torben Venndt (dir.), 2008, op. cit. p. 91, trad. du danois
5. Cf. Texte de Børge Munk Poulsen in Torben Venndt (dir.), 2008, op. cit., pp. 57 et suiv.
6. Nørgaard, interview par Marie Vinther, in Torben Venndt (dir.), 2008, p. 23, trad. de l’anglais
7. Ulfe Steiner Jensen (maire de 1998 à 2009), ”Om demokratiets forudsætninger”, in Torben Venndt, 2008, p. 79
8. Niels Henrik Arendt ”Elsk din fjende”, in Torben Venndt, 2008, op. cit., p. 95, trad. du danois
9. Bjørn Nørgaard, 1970, op. cit., p. 7, trad. du danois
10. Bjørn Nørgaard, in Henrik Juul Jensen, Bjørn Nørgaard. En billedhuggers verden, Copenhague: Politikens forlag, 2007, p. 273, trad. du danois
11. Bjørn Nørgaard, interviewé par Marie Vinther, in Torben Venndt (dir.), 2008, op. cit, p. 41, trad. de l’anglais
12. Dans le livre consacré aux œuvres en lien avec la religion de Nørgaard, il est précisé que pour l’artiste il ne s’agit pas d’une représentation à proprement parler de la Cène (den sidste nadver) mais d’une communion, d’un repas (én nadver), cf. Marie Vinther, Bjørn Nørgaard. Troen er håben – Tvilen vilkåret, 2008, p. 60. Cependant, on peut questionner la pertinence de cette distinction étant donné que l’œuvre est placée à l’exact endroit où l’on trouve traditionnellement dans les églises luthériennes une représentation de la Cène…
13. Nørgaard, interview par Marie Vinther, in Torben Venndt (dir.), 2008, op. cit., p. 49, trad. de l’anglais
14. Lisbeth Smedegaard Andersen, in Torben Venndt (dir.), 2008, p. 73
15. Børge Munk Povlsen, op. cit. p. 63
16. Bjørn Nørgaard, interview par Marie Vinther, in Torben Venndt (dir.), 2008, p. 55 (trad. du danois)
17. Bjørn Nørgaard in Henrik Juul Jensen, 2007, op. cit, p. 284, trad. du danois
 

 

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