PAYERNE
Date de publication : 26/08/2010
Une évocation d'un des plus beaux lieux clunisiens d'Europe, Payerne, que vous pouvez visiter en Suisse, non loin du lac de Neuchâtel.

Vue générale de PAYERNE ~ (c) cliché Swiss Tourism

L'abbatiale de Payerne ~ Le chevet dominé par le flèche du clocher, érigée au XVIIe siècle.
A proximité du lac de Morat se trouvait la cité helvético-romaine d’Aventicum, l’actuelle Avenches. Au début du IIIe siècle, les Paterni occupent des fonctions importantes dans l’administration de la ville, avant qu’elle soit dévastée en 259 par les Germains.. ils possèdent une villa, quelques huit milles romains au sud, sur la rive droite de la Broye. C’est à cet endroit que, dans la période 950-960, Berthe, veuve du roi de Bourgogne transjurane Rodolphe II, et ses deux fils Conrad et Rodolphe, fondent Payerne que la reine choisit, en 961, comme lieu de sépulture. Des chanoines forment la communauté primitive. En 962, Adélaïde, fille de Berthe, épouse l’empereur Otton Ier et, peu après, cède Payerne à Mayeul, abbé de Cluny (954-994). En 983, Otton II prend sous sa protection ce monastère où, en 1033, l’empereur Conrad II (1027-1039) se fait couronner roi de Bourgogne-Provence après avoir annexé ce royaume à la mort de Rodolphe III, sans descendance.

Elévation intérieure d'une travée de l'abbatiale de Payerne
L’abbé Odilon (994-1049) séjourne à Payerne et c’est probablement lui qui lance le chantier de construction d’une nouvelle église, à l’emplacement de l’église primitive du Xe siècle. Les travaux seront achevés dans la première décennie du XIIIe siècle. Au XIIe siècle, le prieuré clunisien tente d’obtenir le droit de choisir lui-même son prévôt, nommé, à partir de 1240, par la maison de Savoie qui a pris pied dans le pays de Vaud. En 1444, pendant le pontificat schismatique d’Amédée VIII de Savoie, pape sous le nom de Félix V (1440-1449), le prieuré est érigé en abbaye et passe sous le régime commendataire. En 1536, les Bernois, calvinistes, envahissent le pays de Vaud. Les moines quittent l’abbaye. Le cloître est rasé, les bâtiment conventuels endommagés. Au cours du XXe siècle, différentes campagnes de restauration sont conduites qui, au fil des siècles, fut utilisée comme grenier, caserne, prison, et même gymnase…

L’église se trouve aujourd’hui au cœur même de la petite ville de Payerne. Une avant-nef, peu profonde et à deux niveaux, forme, à l’ouest, l’avant-corps de l’abbatiale. La salle du bas, voûtée en berceau, présente un riche programme de peintures murales du début du XIIIe siècle. Sur le mur méridional, un Christ en majesté, dans une mandorle, trône, entouré de chérubins.


Sur le mur qui lui fait face, un autre Christ en majesté, également dans une mandorle, porte le Livre ouvert et deux phylactères déployés. Il est encadré par la Vierge et saint Jean-Baptiste, et à ses pieds se tiennent agenouillés deux donateurs.


Sur la voûte sont assis, deux par deux, les vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse. En face se déploie une fresque représentant les apôtres.

L’église présente un plan basilical avec une nef centrale à sept travées, voûtée en berceau sur doubleaux, flanquée de collatéraux voûtés d’arêtes, et un transept saillant. Le chœur présente une double élévation, comme le transept. Les chapiteaux qui s’y trouvent, certains de la fin du XIe siècle, relèvent de styles différents. Ceux du croisillon sud présentent des traits archaïques. L’intérieur de l’édifice donne une grande impression de clarté. Les baies du chœur, mais aussi les fenêtres hautes de la nef, baignent le sanctuaire d’une lumière magnifiée par les proportions des colonnes et par la variété des teintes de la pierre.

Au sud de l’église, le cloître a disparu, mais la salle capitulaire de style gothique, qui s’ouvrait sur sa galerie orientale, a été conservée. Elle abrita aujourd’hui les collections d’un petit musée.




