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blog - ARCHIVES - Abbaye de Cluny 910-2010

Auteur : P. Frédéric Curnier-Laroche

portrait du redacteur Frédéric CURNIER-LAROCHE est né en 1963. Historien de l'Art (Ancien élève de l'Ecole du Louvre et de la Sorbonne) il a été ordonné prêtre en 1996. Ancien curé "in solidum" de Cluny, il est le responsable de la commission diocésaine d'art sacré du diocèse d'Autun.

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HUGUES de SEMUR ~ 1ère partie

Date de publication : 13/04/2010

Cluny connaît sous l'abbatiat d'Hugues de Semur (1049-1109) une extraordinaire expansion, et elle est au sommet de sa splendeur et en vient à s’identifier avec l’eglise universelle.

Né en 1024, il n’a que 25 ans lorsqu’il succède à Odilon à la tête de Cluny. Il fréquente l’école cathédrale d’Auxerre ou de Chalon. Il est remarqué par Odilon qui le choisit comme grand prieur dès 1047, et il lui succède deux ans plus tard. Il est le premier abbé non désigné, mais élu par la communauté de Cluny.

 

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"L'agneau de Cluny" ~ Clef-de-voûte du transept de l'abbatiale Cluny III ~ Musée archéologique de Cluny

 

Cluny connaît sous son abbatiat une extraordinaire expansion, et elle est au sommet de sa splendeur et en vient à s’identifier avec l’eglise universelle. Elle a été érigée depuis 1024 par le pape Jean XIX au rang de "maison de piété". L’abbaye est un refuge pour les laïcs repentants, à qui elle offre plusieurs formes de vie consacrée – cénobitisme, mais aussi érémitisme et réclusion. Elle prend en charge les défunts et s’est « incorporée » dans le réseau paroissial et beaucoup de moines-prêtres accèdent aux plus hautes charges ecclésiastiques. Elle apparaît comme une « petite Rome » et pour accueillir les pèlerins, Hugues fait édifier à partir de 1088, une abbatiale grandiose, Cluny III dont les autels sont consacrés en 1095 par le pape Urbain II (ancien prieur de Cluny qui posera les fondements de l’organisation de la curie romaine en s’inspirant du modèle clunisien).

 

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Reconstitution de l'abbatiale "Cluny III"

 

C’est sous son abbatiat qu’est entreprise à partir de 1063, la confection du cartulaire de l’abbaye.

Le prestige et la puissance acquis par Cluny ne vont pas sans susciter des oppositions, notamment de la part de l’épiscopat bourguignon qui accepte mal le privilège d’exemption (et en particulier de la part de l’évêque de Mâcon !).

Face à cela, Urbain II délivre en 1088 un nouveau privilège d’exemption par lequel les moines et les monastères clunisiens sont soustraits à la juridiction de l’ordinaire, les appels des causes litigieuses devant être portés devant l’abbé de Cluny, et en dernier recours, devant le pape ou l’un de ses légats. Par ce même privilège, il est concédé à l’abbé de Cluny le port d’insignes épiscopaux lors des messes solennelles, des processions et des fêtes de la communauté.

 

 

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Saint Hugues ressuscitant un mort à Paris ~ Miniature du XIIème siècle

 

Hugues fonde en 1054, à Marcigny, sur des terres cédées par son frère, le premier couvent clunisien de moniales. Il fait ériger vers 1100 la chapelle du doyenné de Berzé et rattache à Cluny le prieuré de Charolles.

On assiste à une expansion considérable en Angleterre et en Espagne, les liens entre Hugues et le roi Alphonse VI étant étroits. L’expansion vers l’Est est plus difficile, se heurtant au système de l’église impériale, l’empereur et ses fidèles contrôlant les établissements monastiques.

Après la première croisade (1066-1099), les clunisiens prennent pied en Orient avec cinq dépendances.

Il sera aussi l’ardent promoteur de la réforme qualifiée de « grégorienne », en référence au pontificat de Grégoire VII (1073-1095), mais qui embrasse une période plus large (1049-1122) et initiée par Léon IX. L’Eglise, par cette réforme, cherche à gagner une liberté d’action et son indépendance en s’émancipant des puissances temporelles, tout comme les clunisiens ont gagné leur liberté grâce aux privilèges. Oeuvrant pour réformer le clergé sur le modèle des moines, la papauté va appuyer son action sur les clunisiens.

Présent à plusieurs conciles, Hugues participe au Concile de Chalon en 1073, présidé par le clunisien Gérald d’Ostie, légat du pape Grégoire VII.

Lorsque la mort emporte Hugues le mercredi de Pâques 1109, on peut dire qu’il a porté l’Eglise clunisienne au sommet de sa puissance. Certaines difficultés se décèlent en son sein, d’ordre matériel mais aussi spirituel. Problèmes financiers, mais aussi éloignement de l’investissement personnel dans les travaux. 

 

 

 

Actualité Cluny 2010

 

Exposition "Les sites clunisiens de la Loire" à Juré, du mardi 20 avril au 9 mai, Place de l’église.
L’exposition présente d’une part le rayonnement de Cluny et d’autre part ses implantations dans le département de la Loire. Il s’agit, à travers un parcours scénographié, de vous permettre de découvrir l’influence des moines dans l’aménagement du territoire mais aussi pour le développement des arts, de l’architecture et de la musique.

Horaires d’ouverture (du mardi au vendredi: 14h-18h)

Contact : Mairie de Juré ~ Tél : 04 77 62 55 13
 

 

 

Colloque " La place et le rôle des femmes dans l'histoire de Cluny ", du jeudi 22 au dimanche 25 avril 2010, à Blesle (Haute-Loire)


Journées dédiées à "Emengarde, mère de Guillaume le Pieux"

Fondé par Ermengarde, la mère de Guillaume le Pieux, lui-même fondateur de Cluny, et gouverné jusqu’à la révolution par des abbesses placées sous l’autorité directe du Pape, le site clunisien de Blesle a proposé d’organiser pendant quatre jours du 22 au 25 Avril 2010, une rencontre d’historiens sur la place et le rôle des femmes dans l’histoire de Cluny...


Vendredi 23 Avril : les fondatrices, les donatrices, les mères
Samedi 24 Avril : les moniales, les abbesses, les chanoinesses

Intervenants :

Béatrice Beys (Univ Bourgogne) ; Olivier Bruand ( Univ Clermont 2) ; Marie José Carloy Bourlet (DRAC Auvergne) ; Martin de Framond (Archives Haute-Loire) Alain Dierkens (Univ Bruxelles) ; Alexis Grelois (Univ. Rouen ) ; Anne-Marie Helvetius (Univ.Paris 8) ; Paulette L’Hermite Leclerc (Univ.Paris IV) ; Christian Lauranson-Rosaz (Univ Lyon 3) ; Eliana Magnani (CNRS Univ.Bourgogne); Catherine Magne (Univ. Paris 1) ; Arlette Maquet (CNRS Univ.Bourgogne); Jean-Noel Matthieu (Paris) ; Michel Parisse (Univ Paris 1) ; Bruno Phalip (Univ Clermont 2) ; Denyse Riche (Univ Lyon3) ; Pierre Riché (Univ Paris 10) ; Josiane Teyssot (Univ Clermont 2) Nathalie Verpeaux ( Univ. Paris 1)

Contact : siteclunisiendeblesle@orange.fr ou Mairie (pour inscriptions) : 04 71 76 20 75

 

 

 

Conférence " Cluny en Auvergne " le vendredi 23 avril en l'église Saint-Priest de Volvic

par Arlette Marquet (contact : Mairie de Volvic 04 73 33 50 38)

 

 

 

Exposition "Cluny, apogée de l’art roman" à Cluny", du 29 juin au 30 septembre à l’abbaye de Cluny.

Dans le cadre du 1100e anniversaire de l’abbaye de Cluny, « Cluny 2010 », le Centre des monuments nationaux présente l’exposition « Cluny, apogée de l’art roman», du 29 juin au 30 septembre à l’abbaye de Cluny. Dans le Cellier et le Farinier, l’exposition s’organise en huit sections autour d’œuvres exceptionnelles de la sculpture, de l’orfèvrerie et aussi de précieux manuscrits médiévaux. La première salle, le Cellier, accueille 5 sections qui permettent de découvrir successivement les débuts de l’art dans l’univers clunisien, la vie liturgique, l’organisation du monastère et Cluny en France et hors de France.

Chapiteaux et sculptures provenant de différents sites clunisiens illustrent les évolutions de la sculpture de Cluny et de ses dépendances (Mozac, Nevers, Toulouse, San Benedetto Po,…). De nombreux vestiges du cloître de Cluny, réalisé par l’abbé Pons vers 1115-1120, seront présentés pour la première fois au public, permettant ainsi de découvrir la richesse artistique de l’abbaye de Cluny au début du XIIe siècle et notamment illustrer l’organisation du monastère. A l’étage, dans le Farinier, 3 sections permettent d’apprécier la beauté des manuscrits clunisiens ; de découvrir les parties orientales de la grande église Cluny III et enfin de comprendre la diffusion de l’art des sculpteurs ayant œuvrés à Cluny. Sont ainsi présentés de façon totalement inédite des manuscrits écrits et illustrés au scriptorium de Cluny aux XIe et XIIe siècles.

La Bibliothèque nationale de France a accordé un prêt exceptionnel afin qu’une dizaine de ces très précieux manuscrits reviennent sur leur lieu de création plusieurs siècles après leur réalisation. Le Ildefonsa de Parme, le lectionnaire de Cluny (Musée National du Moyen Âge, Paris) sont mises en regard avec, par exemple, les Homélies de saint Augustin sur l’Evangile de saint Jean (Bibliothèque nationale de France). Dans la deuxième partie du Farinier, les parties orientales de la grande église sont mises à l’honneur. Les grands chapiteaux du rond-point, la barrière de chœur, des fragments de pavage sont mis en regard et permettent ainsi d’approcher l’intérieur de cet édifice. Les historiens de l’art ont pu mettre en évidence que les sculpteurs de Cluny se sont vu confier des réalisations hors de la grande abbaye clunisienne. Ainsi, des œuvres sculptées par les mêmes hommes sont présentées à proximité des chapiteaux de Cluny : chapiteaux de la Madeleine de Vézelay (sous réserve), fragments sculptés provenant notamment de Valence et de Savigny.

Lieu : farinier et cellier de l'abbaye de Cluny
Producteur : Le Centre des monuments nationaux

Renseignements :
Abbaye de Cluny
03 85 59 89 93