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blog - ARCHIVES - Abbaye de Cluny 910-2010

Auteur : P. Frédéric Curnier-Laroche

portrait du redacteur Frédéric CURNIER-LAROCHE est né en 1963. Historien de l'Art (Ancien élève de l'Ecole du Louvre et de la Sorbonne) il a été ordonné prêtre en 1996. Ancien curé "in solidum" de Cluny, il est le responsable de la commission diocésaine d'art sacré du diocèse d'Autun.

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CLUNY I

Date de publication : 06/10/2010

Nous avons peu de certitudes archéologiques concernant la première église abbatiale de Cluny. Après les recherches du professeur K. J. Conant dans la première moitié du XXème siècle, les dernières fouilles permettent de préciser son emplacement.

La fondation de Cluny par Guillaume le Pieux, ainsi surnommé pour ses largesses à l’égard de l’Eglise, est un acte politique et de piété. La fondation de cette abbaye dans la région mâconnaise devait lui permettre de conforter sa puissance et son réseau de relations, tout en resserrant les liens amorcés par son mariage avec Engelberge, belle-sœur du comte de Chalon. Il choisit comme premier abbé Bernon, lui-même lié aux milieux aristocratiques et aux dirigeants de la Bourgogne jurane. Les motivations religieuses sont clairement exprimées dans la charte de fondation : "ceux à qui Dieu a accordé richesse et puissance se doivent d’aider les moines et les pauvres" (A propos de la charte de fondation, vous pouvez vous reporter à l'article du 12 octobre 2009 sur ce même blog). Comme l’écrit Dominique Vingtain, « cette quête du salut se situait dans le droit fil de l’enseignement religieux de l’époque carolingienne, au sein d’un contexte de turbulences et de désorganisation de la vie conventuelle qui incitait de nombreux monastères à se réformer ».

 

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Plan en perspective de la villa de Cluny et de Cluny I - Proposé par K. J. Conant, il tente de restituer le premier ensemble composé de la villa carolingienne et de sa chapelle et Cluny I, la première église abbatiale entreprise par Bernon et achevée par Odon. il est aujourd'hui considéré comme erroné par les archéologues.

 

 

Les biens donnés par le duc d’Aquitaine constituaient une villa, grande propriété rurale, composée de deux parties distinctes : d’une part la réserve, destinée à l’usage exclusif du maître pour la culture, la chasse et la pêche et au sein de laquelle se trouvait la cour ou courtil qui était le centre administratif ; d’autre part, les tenures ou manses, exploitées par des paysans qui devaient donner une part de leurs récoltes au propriétaire. Il s’agissait en fait d’un village, avec une église et des moulins, pourvu d’un territoire assez étendu. La donation comprenait des terres et des bâtiments, ainsi que les serfs qui y vivaient. Les moines, devenus propriétaires d’un domaine dont ils percevaient les revenus, pouvaient ainsi envisager la construction d’une abbaye. Conformément à la tradition bénédictine, les moines n’exploiteraient pas eux-mêmes leur domaine et pourraient se consacrer à la « prière perpétuelle ». Cluny deviendra ainsi le lieu où le moine orant va entretenir un dialogue ininterrompu avec Dieu, pour le salut du donateur et des membres de sa famille, mais aussi pour celui «  de tous les croyants des temps passés, présents et futurs ». Les moines auront aussi l’obligation de s’occuper quotidiennement des pauvres et des pèlerins.

 

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Vue cavalière de Cluny I et II vers 981 - Cette hypothèse de restitution est également contestée par les archéologues spécialistes de Cluny

 

 

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Emprise au sol de la succession des édifices Cluny I, II et III

 

Du point de vue archéologique, on ne sait rien de cette villa donnée par Guillaume et mentionnée dans la charte de fondation. Kenneth J. Conant avait identifié des murs mis au jour par ses soins comme étant des vestiges de cette villa carolingienne et de sa chapelle. Au début des années 1990, le résultat des fouilles dans le passage menant les moines du cloître à l’abbatiale modifie la perception que l’on avait des transformations apportées au site au cours des temps. La découverte de sépultures datées de la fin du haut Moyen Âge fournit des éléments sur la localisation d’un premier cimetière. Les maçonneries découvertes par Conant, ne pouvaient plus être attribuées à ce premier édifice. On ne sait pas comment les premiers moines, arrivés en 910 avec Bernon, utilisèrent ou transformèrent la première chapelle dont on connaît encore moins l’emplacement précis. Il est plausible qu’au cours des premières décennies du Xème siècle une véritable église ait été édifiée pour les moines, de plus en plus nombreux. Celle-ci correspond à ce que Kenneth J. Conant baptisa « Cluny I ». Les hypothèses anciennes la placent au nord alors que c’est probablement sous l’église de l’an mil (Cluny II) qu’il faut la chercher, comme le suggère le résultat des dernières fouilles. Une telle continuité de construction sur un même lieu est plus que vraisemblable car beaucoup plus courante qu’un déplacement latéral comme celui exigé par le long chantier de la grande église.

 

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Le professeur Kenneth J. Conant au travail sur le mur méridional de la travée la plus orientale du narthex de Cluny III en 1931.

 

Bernon entreprit la construction de cette première église abbatiale qui fut terminée par son successeur Odon et consacrée en 967 par l’évêque de Mâcon. Ses dimensions étaient vraisemblablement modestes (peut-être 35 mètres de long) au regard de grandes abbatiales carolingiennes du siècle précédent, telles Saint-Riquier en Picardie ou Fulda en Allemagne

 

 

 

Actualité Cluny 2010

 

Spectacle conté musical « Héloise et Abelard : lettres d’amour » à Saint-Romain - Dimanche 17 octobre 2010, Saint-Romain (Côte d'Or)

Avec la participation d'Alain Carré, récitant, Hervé Lamy, ténor et le chœur grégorien des ambrosiniens.

Contact : Mairie de Saint-Romain

Tél : 03 80 21 20 16 - Courriel : contact@mairie-saint-romain.fr