AVANT CLUNY : LA NAISSANCE ET L'ESSOR DU MONACHISME
Date de publication : 23/09/2009
Saint Benoît rédige au VIème siècle une "règle". Il est inspiré par les premiers Pères du monachisme chrétien. En voici une rapide évocation.
Dans sa forme primitive, le monachisme est une forme de vie religieuse adoptée par les ermites qui choisissent de se retirer au désert, loin du monde et des ambitions temporelles. Par l'ascèse et la prière solitaire, les anachorètes tentent de parvenir à l'expérience mystique et à l'union à Dieu.
C'est un paysan égyptien, Antoine, qui se retire vers 270 dans le désert à l'est du Nil. C'est d'abord l'Egypte qui voit se développer le monachisme, puis la Syrie (Saint Ephrem, mentionne l'existence dans son Eloge des Solitaires de Mésopotamie, d'ascètes qui "paissent avec les bêtes sauvages comme les cerfs" et "se nourrissent et des herbes que produit le sol"), la Palestine et l'Asie Mineure. La vie exemplaire et les charismes d'Antoine attirent, malgré son désir de solitude, des disciples qui vont s'installer auprès de lui. C'est un admirateur et ami, Athanase, évêque d'Alexandrie, qui fait connaître au monde occidental l'existence du "Père des moines".
"Le Christ et l'abbé Mena". VIème - VIIème s. (détail) Peinture sur bois provenant du monastère égyptien de Baouit Paris, musée du Louvre
De cette première expérience vont naître plusieurs variantes : les dentrites ( de dentros, arbre), ascètes vivant immobiles sur un arbre, tel David de thessalonique qui vécut trois ans sur un amandier, dans la cour de son monastère au VIème siècle ; les reclus qui vivent enfermés dans une grotte ou une cabane de très petites dimensions, voire dans un tombeau. C'est un disciple qui leur apporte à manger chaque semaine ; les stylites (de stylos, colonne), vivant immobiles au sommet d'une colonne. Le premier fut saint Siméon qui mourut en 459 à l'âge de 70 ans, au sommet de sa colonne de 25 mètres, à Qala'at Sema'an en Syrie. Il s'alimentait grâce à un panier placé au pied de la colonne dans lequel les pèlerins, édifiés par ses prêches, déposaient leurs aumônes.
Les moines (de monos, seul) sont à l'origine des hommes ayant choisi le célibat pour se consacrer à Dieu. Ce terme va ensuite désigner les religieux qui vivent retirés de la société. Ils sont qualifiés de cénobites (de koinos bios, vie commune) lorsqu'ils vivent dans une communauté régie par une règle. C'est Pachôme (+348) qui inaugure cette forme de vie monastique commune, au sein d'un monastère qu'il fonde vers 320 dans le désert de Thébaïde. Il conçoit une communauté au sein de laquelle la propriété n'existe pas, où tout est mis en commun, sous la direction de l'abbas, le "père" spirituel de la communauté. Le monastère est composé de plusieurs maisons abritant chacune trois moines. La vie quotidienne, vécue dans la chasteté, la pauvreté, l'obéissance et le silence, est régie par une règle stricte, fixant les heures de prière, de travail ou de sommeil. Lorsqu'il meurt, Pachôme a fondé neuf monastères d'hommes et deux de femmes.
Le monachisme va se répandre rapidement en Occident, en se développant de manière originale dès le IVème siècle avec les monastères épiscopaux (Eusèbe, évêque de Vercelli dès 363 ; Martin, évêque de Tours, qui fonde Ligugé vers 360 ; sans oublier Augustin qui établit en 388 près de Thagaste une communauté monastique d'intellectuels et de penseurs et fonde un monastère de laïcs à Hippone). Il nous faudrait aussi parler en détails d'Honorat qui fonde avce son ami Caprais, le célèbre monastère de l'île de Lerins ; de Jean Cassien à Marseille vers 415 ; de Patrick (+ 461), Colomban (+ 615), Isidore de Seville (+ 636) et Martin de Braga (+ 579) qui par leurs fondations en Gaule, dans les pays celtiques et à travers la péninsule ibérique, contribuèrent à un essor extraordinaire d'un monachisme solidement implanté à travers toute l'Europe.
actualités Cluny 2010
Jusqu'au 11 octobre 2009 / à la Basilique, au cloître et au musée du Hiéron de Paray-le-monial (Saône-et-Loire)
Trois grandes thématiques :
Les images de saint Hugues à travers les siècles, avec le prêt exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France du manuscrit 17716, datant du XIIIe siècle, qui offre au regard ses magnifiques enluminures.
Cluny III et la lumière.
L’archéologie du bâti, la liturgie et la résurrection de l’architecture religieuse du XIe-XIIe siècle en Bourgogne du sud. Un point sur les dernières découvertes archéologiques à la basilique de Paray-le-Monial.
Au cours de cette manifestation, la figure du sixième abbé de Cluny apparaît indissociable de l’expansion clunisienne dans le Brionnais-Charolais et du développement de l’art roman entre Loire et Beaujolais.
Prochainement : sortie du catalogue d’exposition "Hugues de Semur (1024-1109) : Lumières clunisiennes", indispensable complément à la visite, élaboré sous la direction de Nicolas Reveyron, professeur à l’Université Lumière Lyon 2 et directeur de l’Unité Mixte de Recherche 5138 du CNRS (Archéométrie et archéologie), en collaboration avec Gilles Rollier, archéologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives, rattaché à l’UMR 5138. 188 pages, une centaine d’illustrations, édition Orphie.
samedi 26 septembre 2009 / Mozac, Auvergne
7èmes rencontres romanes de Mozac sur le thème des iconographies de la Genèse : "Le livre de la Genèse dans l'art roman"
Programme:
8h : Accueil des participants au complexe culturel d'Arlequin (près du gymnase, rue Dalmas à Mozac).
9h : Présentation de la journée par Jean-Marie Perona, président du Club historique mozacois. Début des travaux.
12h : Possibilité de déjeuner en commun.
14h : Reprise des interventions.
Organisation: CLUB HISTORIQUE MOZACOIS 45 ans de passion pour l'abbaye! Tél: 04 73 38 65 47 Courriel : clubhistorique@yahoo.fr

(c) Christophe Parat ~ septembre 2009
C'était le dimanche 13 septembre à Cluny : l'Ouverture des célébrations de Cluny 2010
L’ouverture des festivités du 1100e anniversaire de la fondation de l’abbaye de Cluny a été placée sous le signe de la citoyenneté et de la convivialité : elle a mis en valeur les quartiers et les villages au coeur de la fête.
“Ouvrez les portes !”, premier événement de la programmation “Cluny 2010”, nous a tous invité à partager des repas de quartiers ; chacun a eu sa couleur, sa fantaisie, son identité. Chaque porte a témoigné de la créativité des Clunisois et du Clunisois. Chaque porte nous a ouvert un chemin de rencontre, de découverte, d’échange avec nos voisins proches, mais aussi avec une région de l’Europe et du monde. C’est d’une mise en marche qu’il s’agit. Avec chevaux, musique, costumes...
La grande chaîne humaine formée autour des remparts de la ville a été celle de passionnés d’un territoire vivant et dont le passé nourrit l’avenir.
La fête nous a conduit dans l’abbaye où nous avons découvert le fruit des chantiers de rénovation.
Jean-Luc Delpeuch,
Maire de Cluny



