Narthex - Art sacré, Patrimoine et Création

Exposition de l'artiste Isabelle Tournoud "Instants dérobés, Dame nature" à Paris

Protestantisme et Images présente une exposition d'Isabelle Tournoud, artiste de l'Arte Povera : "Instants dérobés, Dame nature", sculptures, dessins et photographies.

du mardi 09 mars 2010 à 14h30 au samedi 10 avril 2010 à 18h30

Les travaux d’Isabelle Tournoud ont eu droit à une présentation élogieuse d’une page, dans Télérama-Sortir n°3044, 14 mai 2008 : Lire l'article sur le site de Télérama : "La nature sur la peau"

Le texte qui suit, écrit par Jérôme Cottin, a été publié dans l’article "La figure du Saint habillé par l’art contemporain : une approche théologico-esthétique" (pp. 159-171),Chronique : La couture inspirée : un enjeu pour l’art sacré (pp. 113-171), in Transversalités 108, revue de l’Institut catholique de Paris, oct.déc. 2008 :

"L’artiste est une jeune plasticienne parisienne, qui se réclame de l’arte povera : elle travaille en trois dimensions, à partir d’éléments fragiles : la matière naturelle qu’elle détourne pour en faire des sculptures. Par là, elle questionne la relation de l’humain à la nature ; elle travaille à un rapprochement charnel entre l’humain et le végétal : l’homme comme végétal.

Les habits sont un des thèmes de prédilection d’Isabelle Tournoud : l’habit comme seconde peau, comme interface entre l’être humain et le monde extérieur : des habits sans humain mais des habits très humains, habités par l’humain. Dans au moins deux "sculptures", sa création rejoint notre thème :

- Robe des recluses, été 2006 :

Alors qu’elle était en résidence d’artiste à St-Flour, I. Tournoud s’inspire de l’histoire de ces recluses, jeunes filles que l’on enfermait à vie afin qu’elles intercèdent pour le salut de la population locale. La robe de la recluse est faite en monnaie du pape. Cette recluse fut installée in situ, dans le noir d’une sacristie d’une église désaffectée à Saint-Flour. L’œuvre devient installation, performance, en ce que le spectateur est invité, l’espace d’un instant, à vivre comme la recluse. La robe devient une lumière qui brille dans la nuit. L’œuvre se trouve aujourd’hui au musée de la haute-Auvergne, à côté de la cathédrale de Saint-Flour. Le contexte religieux catholique est donc particulièrement présent, dans ces trois étapes : - création de l’œuvre ; - l’exposition ; - conservation après son exposition.

- Vanité des vanités, 2004-5 :

On aura tous reconnu l’allusion à la parole biblique du livre de l’Ecclésiaste (ou Qoélet). Cette robe est faite en tomates séchées, cousues les unes avec les autres et collées sur une petite résille en tissus. L’idée de l’artiste était de parler de la vanité de la femme qui met son corps en avant ; à la mort ce corps disparaît, il ne reste que l’habit. Cette "sculpture" a évolué, s’est transformée : la robe a moisi ; L’artiste a fait des photos de la robe tâchée de moisissure ; le résultat fut une nouvelle étape de l’œuvre, incluant en elle les débuts de sa propre destruction.

Le vêtement est ici non seulement vu comme enveloppe du corps humain, ou expression de la personne, mais comme une entité propre, un autre que soi, plus pérenne. Soi, dans son désir de résister à l’emprise de la mort, de résister au temps qui passe."

 

Lire la suite de l'article sur le site de Protestantisme et Images.

 

Renseignements pratiques :

9 mars au 10 avril : exposition de sculptures, dessins et photographies d’Isabelle Tournoud : Contes et nature : la mue des corps

Eglise protestante de Pentemont
106 rue de Grenelle
75007 Paris
Ouverture du mardi au samedi de 14h30 à 18h30.
Entrée : libre participation